Pouzza, le plus beau temps de l’année! | Partie 1

Depuis près presque une décennie, vers la mi-mai, on peut assister à un phénomène migratoire de la faune marginale. Une multitude d’espèces provenant de la même famille se dirige vers leur point de ravitaillement. Guidés par leur système endocrinien, les membres du troupeau éclectique recherchent tous les mêmes choses : énergie, simplicité, unité, distorsion et plaisirs. Concentré au Quartier des spectacles de Montréal et ces microcosmes satellites, le Pouzza Fest est la rencontre ultime des punks.

Je ne dois pas être le seul à penser que le Pouzza est le moment le plus mémorable de l’année, reléguant le Noël des campeurs et les Régates de Valleyfield loin derrière. À l’opposé de l’hiver, aussitôt le Pouzza commencé on ne veut plus qu’il finisse et la simple pensée que ça ne durera pas longtemps me déprime.

Toute la semaine précédant l’événement, nous sommes une gang à se démener au travail pour amadouer notre patron, question qu’il nous laisse partir plus tôt le vendredi névralgique venu. Si votre acharnement au boulot vous délivre avant le 5 à 7, vous arrivez brûlé de votre semaine de travail à la roulotte des laissez-passer. Dans la file, vous vous demandez comment survivre jusqu’aux shows surprises à 2am… 3 jours de suite (p.s. : je ne suis plus dans la vingtaine). Cette année, la sagesse de la fin trentaine m’a permis de développer une astuce judicieuse… ne pas boire le 1er soir, promettant une saine énergie pour préserver ma fierté devant mes enfants au Pouzza Bambino à 10am le samedi matin.

L’appel du ‘’j’ai-juste-le-goût-de-m’écraser’’ s’estompe assez vite avec la succession de Lost Love et Bad Cop Bad Cop au Jardin des Bières. Chargé à bloc pour les shows en salles, Super Punk lève le volume d’un cran; avec des pièces ‘’short and sweet’’, drôles et accrocheuses, je me dirige le cœur léger vers les Foufounes Électriques en me disant : ‘’enfin un groupe qui ne se gêne pas pour dire que la Rive-Sud c’est poche, surtout Boucherville’’. Sous le conseil d’Israël de Capable!, j’assiste au ‘’’grunge-emo’’ de Awakebutstillinbed, j’ai des frissons à chaque envolée vocale de Shannon. Mais rien ne me préparait à mon coup de cœur du festival… moi qui n’avais jamais vu War On Women, j’ai instantanément compris pourquoi W.O.W. a un tel renom; leur fougue contagieuse, les textes directs et dénonciateurs et l’énergie contagieuse de Shawna Potter qui n’a simplement pas d’égal.

Le dilemme du week-end: Smoke Or Fire ou Spanish Love Songs? Je ne regrette rien, mais avoir su que j’allais voir Smoke Or Fire deux fois, j’aurais été voir Spanish Love Songs le 1er soir. Selon les échos des festivaliers la prestation de Spanish Love Songs était magique. Environ 10 ans depuis leur dernier passage à Montréal, la prestation du groupe de Joe McMahon était à la hauteur. Accompagné à la voix et batterie par Mike DeeCracks, Smoke Or Fire a fait chanter la foule en chœur les hits longuement attendus.

Aussitôt au lit, aussitôt réveillé, le Bambino m’attendait. Pour moi c’est le moment le plus important du festival; exposer mes enfants à un rassemblement où la différence n’est pas jugée, où tout le monde s’amuse et où les enfants peuvent voir un VRAI spectacle de chansons non infantilisantes et pédagogiques. Cette section du festival a pris tout son sens quand Danny Rebel chantait avec son enfant, quand le groupe d’adolescents (et d’un père) Swarmz maîtrisait leurs instruments et quand le grand Mike Park et les autres membres d’Ogibuko Station laissèrent jouer les enfants sur leurs instruments. J’ai vu le regard de mes garçons absorbés par l’accessibilité de la musique, hypnotisés en voyant des jeunes jouer des instruments, danser et chanter; mon cœur de père espère qu’il y a eu un petit déclic vers l’apprentissage de la musique. Pas de repos, à midi c’était déjà l’heure d’un vox pop parent-punk et d’une entrevue avec les Ramoms.

Pour la suite de ce samedi surchargé, quoi de mieux qu’un show gratuit de Direct Hit! … une valeur sûre qui ne déçoit jamais. Suivi par Smoking Popes qui prend tout son sens en spectacle; leur calme mélancolique et leur douceur laisse place à une verve beaucoup plus mordante sur scène. Ensuite, la magie opère pendant Sinceer Engineer en groupe complet et BOIDS, s’étant déguisés pour l’occasion, pour ensuite être charmé par les Français de Topsy Turvy’s aux Katacombes. Par la suite, les performances de Bong Mountain et Timeshares me parurent s’éterniser, car trop impatient de voir The Dopamines péter la barraque!

 

ÉCRIT PAR : PHIL VAI

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