(Chronique) Dan Vapid & The Cheats ou les métaphores de la dépression ?


TITRE : DAN VAPID & THE CHEATS /
GROUPE :
THREE /

LABEL : ECCENTRIC POP RECORDS /
VILLE : CHICAGO / PAYS : ÉTATS-UNIS
SORTIE : 15/03/2019


J’attendais ce troisième album de Dan Vapid & The Cheats avec beaucoup d’excitation, considérant que l’album Two est littéralement l’album que j’ai le plus écouté des 5 dernières années. Pour des raisons personnelles, l’album de 2013 m’a en partie aidé à sortir d’une période un peu plus difficile. Traitant de rupture, de dépression et d’espoir, Cold and Rainy Days a été, et est encore, mon remède contre la grisaille. Bref, à mes yeux, Two avait mis la barre haute pour Three. D’ailleurs, l’escalier en spirale descendante de la pochette est une métaphore sur la dépression.

Dan Vapid, pseudonyme que tient Dan Schafer depuis ses jours avec Screaching Weasel, nous arrive donc avec son 3e album avec The Cheats, 6 ans après Two. Entre ces 2 albums Vapid relâcha tout de même deux albums de punk-familial All Wound Up. Dan Vapid (Screeching Weasel, The Methadones, The Queers, The Mopes, Sludgeworth, Riverdales, Noise By Numbers) avait écrit 40 chansons, pour en enregistrer 15, dont seulement 10 ont été gardées; une distillation qui concentra la qualité et l’unité de l’album à venir.

Three représente un point d’inflexion dans la vie de Vapid; il incarne le moment où il a abandonné la musique comme revenu principal (maintenant employé des Postes américaines), en même temps de devenir père 3 fois et de quitter Chicago pour une petite ville du le sud de l’Illinois. L’œuvre a été enregistrée en soirée, après le boulot une fois les enfants au lit, sur une période d’un an et demi au ‘’Encapsulated Studio’’ à St-Louis. L’exode de Vapid mena à un changement complet de la section rythmique des Cheats. Gabe Usery (co-producteur et ingénieur de son du studio) remplace à la batterie Mike Soucy, qui travaillait avec Dan depuis 14 ans, en plus de Dillon Dunnagan qui remplace Rick Uncapher à la basse. À noter que Simon Lamb (Screeching Weasel, Riverdales) est toujours au rendez-vous.

L’album s’ouvre sans dépaysement avec le pop-punk classique de Silver Lining et The Time We Get (1er extrait). On constate derechef le changement de garde aux tambours; les passes de percussions sont moins timides et plus originales que lors des deux premiers efforts des Cheats. On y installe aussi le thème récurrent de profiter de la vie, car le temps passe vite, que l’on retrouvera dans Bittersweet. On enchaîne avec le 2e extrait tiré de l’album, The Sky Is Electric Blue, qui annonce le ton plus posé qui parsèmera l’album. Cette pièce affiche l’état de stress et les difficultés que Vapid vivait lors de la composition de Three, relié aux multiples changements dans sa vie. Chase Away the Darkness personnifie aussi ce dernier sujet en conservant un style plus tempéré, présentant une guitare mélangeant My My, Hey Hey de Neil Young et You Shook Me All Night Long d’AC/DC.

Dans les mots de Vapid : «Although I have been married for almost 10 years, I’m drawn to break up songs. I don’t know why. I think it’s a topic that works well in music. », Dead Roses et Sideways s’enchaînent sur ce sujet, avant de terminer le LP sur une note d’’espoir avec Let Summer Work It’s Magic et Live A Little.

Avec la qualité d’album du genre sortie depuis le début 2019 (Teenage Bottlerocket, Murderburgers, Masked Intruder etc.), l’élément le plus marquant est le raffinement du pop-punk au lieu de la redondance; la qualité des airs, les lignes solos de guitare, l’originalité des ponts et les superpositions vocales ajoutent de la profondeur à la simple recette de base.

Il est difficile de comparer les projets de Dan Vapid, car ils se rejoignent tous par son talent inné pour composer des mélodies accrocheuses supportées par un pop-punk accessible. Probablement due à mon obsession pour Two, Three m’a moins ébloui. Il y a quelques temps morts qui brisent le vent d’allé de l’album. Dans ces tout petits creux, on sent un désir d’essayer quelque chose de plus mesuré, ne se limitant pas seulement aux ritournelles du pop-punk auxquelles on s’attend sans surprises.

Vapid est un pro pour les ponts mélodiques et la fluidité des enchaînements, même ses pièces rapides nous laissent un sentiment de légèreté. Par comparaison simpliste, tous ceux qui se plaignent du Weezer actuel, ne cherchez pas plus loin pour combler votre manque avec un produit supérieur, Vapid and The Cheats vous rassasiera. Vapid est une machine à hits depuis 1985, puis Three nous offre le meilleur de sa voix tout en présentant les couleurs d’une nouvelle étape.

1. Silver Lining
2. The Time We Get
3. The Sky Is Electric Blue
4. Bittersweet
5. Chase Away The Darkness
6. Bells In Maryville
7. Dead Roses
8. Sideways
9. Let Summer Work It’s Magic
10. Live A Little

ÉCRIT PAR : PHIL VAI

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