(Chronique) Edward In Venice au dessus des barrières créatives…


TITRE : EMPATHY / GROUPE : EDWARD IN VENICE
LABEL : LOCKJAW / VILLE : PESARO / PAYS : ITALIE
SORTIE : 26/04/2019


 

Edward In Venice, ce sont des musiciens italiens habiles dont la naissance fut calculée en avril 2011 et se voyait de nature punk rock mélodique. Au fil des années, une partialité symbolique d’un son plus pop fut appliquée et adoptée au travers l’essence sonore des italiens, dont certains leur collaient facilement l’étiquette skatepunk.

À l’arrivée de leur 8e anniversaire, Edward In Venice le souligne avec ce nouvel opus sorti chez Lockjaw Records récemment. La question qu’on se pose comme à chaque nouvelle parution d’un groupe aimé est sans doute, est-ce qu’ils ont su conserver leurs brillants atouts acquis d’avant?

Et bien, dès les premières minutes, dès la première écoute, nous constatons une légère baisse de régime dans la cadence éclair, qu’ils savaient si bien étaler, si l’on compare aux précédents efforts de la formation Edward In Venice. Rien qui nous refroidit heureusement. Puisque dans l’ensemble, il est impossible de ne pas sentir la vapeur omniprésente que dégagent les compositions du disque. Chaud devant… pas le temps de rester bloqué sur cette bagatelle.

Malgré ce détail qui nous chicotte un petit peu sans tout gâcher, ce disque reste quand même une amalgame fulgurante et bouillonnante d’un son skatepunk diluant habilement des notions évidentes de hardcore, qui se développent avec un raffinement clair et précis. Par contre, les cris – scream – sont le petit élément qui pourrait en faire décrocher plus d’un…

À la base, la production impeccable brille d’une qualité irréprochable et gagne l’auditeur sans effort insurmontable. N’en déduisez pas que la technique d’approche des accords, n’est pas sans difficulté, ni obstacle. Ils ont su franchir le dépassement de soi.

Empathy se veut un disque qui agrippe au passage des racines flagrantes de formations Such Gold, Propaghandi, Afi, The Used comme si les influences les enveloppaient instantanément lors de la création soudaine des titres pendant l’enregistrement du disque. Mais attention, n’entrez pas dans votre tête que ces influences sont totalement bâties de la même façon que les entités soulignées au début du paragraphe. Edward In Venice ont très bien su construire leur propre son et dégagent à pleine vapeur leur identité. Soulignons que ce dynamisme structural sur le disque est vraiment bien.

Certaines pièces comme High Tide, Blue Whale sont de profondes pièces éclatantes, qui dégagent la splendeur des créations musicales que Edward In Venice sait nous servir avec brio. Leurs textes sont d’une beauté et d’une écriture détaillée de manière à nous faire comprendre facilement le point où ils veulent en venir. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre, nul besoin d’être devin, c’est clair, rien de complexe lyriquement et surtout les refrains restent accrochés dans la tête plus vite que l’on croit.

Au final, Edward In Venice ne semble pas avoir de barrières créatives dans sa capacité de transmettre à point ses sentiments et verser de bons textes qui conservent leurs aspects captivants. C’est donc un disque à ne pas prendre à la légère et à écouter au moins une fois cette année.

1. The Deserter
2. High Tide
3. Spark The Philly
4. Manolo Riddim
5. Pipe Dream
6. Blue Whale
7. Vaporeon

ÉCRIT PAR : DESLO