(Spécial Pouzza Fest) entrevue avec Guilhem Martinez du Pouzza…


    • GUILHEM / POUZZA FEST

    • [INDÉPENDANT]
    • VILLE: MONTRÉAL // PAYS: CANADA

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Ça sent le Pouzza à plein nez et j’en ai profité pour jaser avec l’un des organisateurs de l’événement qui tiendra sa neuvième édition les 17-18-19 mai prochains. Rien de bien compliqué, simplement quelques questions pour nous aider à comprendre un festival émergeant qui sait comment rester lui-même tout en évoluant.

Comment l’équipe du Pouzza Fest se sent à l’approche des festivités?

Guilhem : Calme, excitée et occupée. Disons qu’avec un festival géré par douze bénévoles qui ont chacun et chacune des « vraies » jobs, ça semble assez improbable qu’on se soit rendu à neuf ans. Je pense qu’au final on met du temps dans ce projet parce que ces 3 journées là sont assez précieuses à nos yeux, donc on a hâte de voir comment ça va se passer cette année.

On veut toujours satisfaire tout le monde, comment plaire à tous les punks quand on organise un festival comme le vôtre?

Guilhem : On ne plait pas à tous les punks et ce serait impossible de le faire. Le Pouzza de toute façon, c’est plus comme une « convention » qu’un festival. C’est plein de monde/bands qui se réunissent à toutes les années pour revoir des vieux ami.e.s/bands, rencontrer des nouveaux ami.e.s/bands. Je pense que les gens qui y vont se font du fun parce qu’ils ont compris ça. Je me trompe peut-être aussi. Y’a sûrement plusieurs punks qui trouvent le Pouzza horrible et qui viennent virer la brosse sur le site extérieur (qui est gratuit, même pour les punks).

Quand une majorité de fans qui suit le festival depuis longtemps demande un artiste avec acharnement (Jawbreaker par exemple), sentez-vous une pression du public? Comment gérez-vous ça?

Guilhem : Je ne sens aucune pression du public. Mais tsé, c’est une bonne question parce qu’au final, je pense que dans un avenir pas trop loin, il va falloir écouter les festivaliers et laisser de côté les idées qu’on a en tant que « propriétaire » du Pouzza.

Un peu dans la même direction, quels groupes les amateurs de musique derrière l’organisation veulent booker depuis longtemps mais, qui vous sont impossibles pour l’instant?

Guilhem : C’est certain que dans mon cœur, Frank Turner et John K Samson, je trouverais ça malade. Je pense que ça risque d’arriver un jour. Sinon, d’un côté moins personnel, y’a Banner Pilot, Joyce Manor, Strike Anywhere, Millencolin et/ou des bands plus gros qu’on aimerait avoir, mais je pense que mis à part Banner Pilot qui ne viendront probablement jamais au Canada (casier judiciaire je crois?), je pense que dans un avenir plus ou moins loin, tout est possible.

Les shows gratuits extérieurs et les spectacles payants en salle attirent des clientèles complètement différentes, quel est votre système pour choisir qui joue où?

Guilhem : Les têtes d’affiches vont dehors et après on fait une sélection en se disant « ok, tel ou tel band, est-ce que le « grand public » pourrait boire une bonne bière en écoutant ça, ou pas ». C’est pas mal comme ça que ça marche.

D’après toi, quelle est la meilleure façon d’aller chercher une nouvelle clientèle sachant que le style musical du Pouzza ne rejoint pas les jeunes?

Guilhem : Si je le savais, on l’aurait fait, mais je ne le sais pas, donc il y a de moins en moins de jeunes. J’ai 26 ans et je me sens comme un enfant au Pouzza. Sinon, on fait jouer un band avec des jeunes (Swarmz) cette année. Peut-être que si les jeunes voient que c’est « cool » être dans un band, ils vont venir voir les shows. C’est difficile, mais je pense que des bands plus « hyper » comme PUP peuvent rejoindre un bassin de population plus bas pour une raison qui m’échappe, alors peut-être qu’on devrait essayer de trouver une couple de bands cools pour les jeunes et les faire jouer? Ou pas et comme ça je reste jeune forever? Who knows?

Depuis plusieurs années, le Pouzza Fest invite un nombre incroyable de femmes à jouer dans son festival. Comment trouves-tu l’inégalité sur ce sujet qui est encore beaucoup trop présente dans plusieurs festivals en 2019?

Guilhem : Cette année, 50% des bands qui jouent au Pouzza ont au moins une personne qui ne s’identifie pas comme un homme dans le band. C’est vraiment plus facile que ce que les gens pensent et ça fait du bien de voir de la diversité sur un stage. Quelques personnes m’ont dit des trucs du genre « On s’en criss si c’est un gars ou une fille, on veut que la musique soit bonne! » – Et je suis partiellement d’accord. Je ne pense pas qu’on a négligé la qualité des bands pour avoir plus de femmes sur le line-up (même au contraire). Et au final, au delà de faire ça juste pour faire ça, ce que j’aime quand on a une diversité comme celle-là, c’est que ça montre aux personnes qui viennent à notre festival que N’IMPORTE QUI peut apprendre à jouer d’un instrument et se starter un band. Ce n’est pas réservé aux hommes.

Es-ce que vous envisagez de grossir ou bien, l’évolution acquise depuis neuf ans vous satisfait?

Guilhem : On grossit un peu cette année techniquement, le site extérieur va être plus gros (scooop). Mais non… je pense que pour le Pouzza 10 on va faire quelque chose de spécial (mais nécessairement plus gros) et après ça, on va devoir en rediscuter en groupe.

De quelle façon choisissez-vous les groupes qui feront des prestations surprises durant la fin de semaine?

Guilhem : Aléatoirement, sur le bord d’un bar, en jasant avec le/la bassiste du groupe et en remontant son égo en disant « heyy, les bassistes c’est très important, veux-tu un shot? Oh hey en passant, à 2h du matin, ça serait l’fun que ton band joue UN AUTRE show. Tu ne penses pas?! Veux-tu un autre shot?

Pour finir, veux-tu ajouter quelque chose?

Guilhem : Oui, achetez une passe 3-jours du Pouzza. Venez supporter le festival. Achetez de la bière (ça nous aide incroyablement, vous n’avez pas idée), achetez de la merch. Allez supporter les petits bands (les gros bands ont pas vraiment besoin de vous). N’ayez pas peur d’aller découvrir des bands. Allez voir un band hardcore le vendredi soir au Turbo Haus, un band indie/punk au Garage des Foufs le samedi soir et un band de ska au Cléopâtre le dimanche. Mais surtout, ayez du fun.

Merci beaucoup à Guilhem pour ces réponses franches, et un gros merci à toute l’équipe derrière le Pouzza!

ÉCRIT PAR : MARCAN

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