Les meilleurs spectacles de 2018, selon Marcan!


Toujours en mode fin d’année, le moment où j’enligne tous mes meilleurs souvenirs musicaux (souvent mes meilleurs souvenirs tout compris) pour en faire des palmarès et du même coup, partager ces dits moments avec vous. Suite aux albums de 2018 qui ont le plus fait vibrer mes tympans, j’aimerais revenir sur les prestations qui m’ont le plus atteint. Chacun à leur façon, les artistes sur scène nous marquent, parfois laissant des marques permanentes sur nos âmes. Nous avons tous des spectacles inoubliables, voici donc ma sélection 2018.

10. Leftöver Crack – 8 septembre Salle Multi Québec

Avant que vous montiez dans les rideaux, allons mettre ce choix en perspective. LOC est un de mes groupes préférés à vie et j’attendais avec beaucoup trop d’impatience leur présence au Québec, plus précisément à Envol et Macadam. Suite à l’annonce de l’interdiction d’entrée au pays de Stza et Brad Logan, j’ai été dévasté. Pourtant, le soir venu (n’oublions pas que nous étions en mode festival et donc, l’intensité est à son plus haut), les remplaçants ont assuré et donné leur 110%. En temps normal, ils se seraient trouvés en première position. En connaissance de cause, je leur accorde une petite place ici, pour l’effort.

9. No Fun at All – 7 septembre Îlot Fleurie Québec

Toujours dans le cadre d’Envol et Macadam, cette fois sous l’autoroute, No Fun at All m’a agréablement surpris. Un groupe que je n’avais jamais vu, malgré le fait que je les suis depuis ma tendre enfance (je n’étais pas encore un adolescent si je me souviens bien). L’énergie des jeunes suédois aux côtés des légendes toujours actives dans le groupe donnait un visuel punk rock incroyable. Si j’avais fait la liste des chansons qu’ils auraient jouées à mon mariage, on aurait eu la même liste que ce soir-là à l’Îlot Fleurie!

8. Coheed and Cambria – 22 septembre Impérial Bell Québec

Un groupe que j’avais arrêté de suivre à la sortie de leur 4e album, tout simplement parce que mes intérêts avaient changé, a su regagner mon cœur. Ils ont quand même été importants pour moi, avec une présence en continu dans le stéréo du salon. Malheureusement, je n’ai jamais eu l’opportunité de les voir autre qu’au Vans Warped Tour. Quand j’ai appris leur présence à moins de cinq minutes de ma demeure, j’ai acheté mon billet. Meilleure décision depuis longtemps! Une belle leçon de rock à l’image de mes meilleures attentes. La salle n’étant pas remplie (désolé pour le groupe et l’organisateur), on avait une densité parfaite pour profiter pleinement du spectacle grandiose. De plus, ils n’ont pas oublié les vieux fans qui n’avaient pas suivi l’entièreté de leur carrière en jouant énormément de classiques de leurs trois premiers opus.

7. Foo Fighters – 9 juillet Plaine d’Abraham Québec

Après une attente de trois ans pour enfin voir la finalité (ou l’entièreté rendu là) du show abruptement annulé par la foudre et le déluge de 2015, me revoilà sur les Plaines d’Abraham. Trois heures de démence par le génie des temps modernes du rock’n’roll. On peut dire que la troupe était particulièrement en feu ce soir-là ou bien, que Dave Grohl est tout simplement un meneur de foule incroyable. Probablement les deux! Mais aussi, la mise en scène était démesurément bonne. Le nombre incroyable de succès que le groupe peut jouer un après l’autre est tout simplement inimaginable. Je ne regarde pas souvent les spectacles de grande envergure, ils manquent d’intimité et de proximité entre le groupe et les fans; dans ce cas-ci, j’ai fait exception pour ces légendes.

6. Tagada Jones – 11 juillet Bar et Spectacle L’Anti Québec

L’été bat son plein, la canicule nous étouffe et je vais m’enfermer dans une petite salle qui s’annonce complète pour la légendaire formation française Tagada Jones. Mes attentes sont extrêmement hautes puisque depuis l’annonce de leur participation au FEQ, je m’acharne avec passion sur leurs deux derniers LP. Pas besoin de vous dire que dans une salle où la foule se trouve torse à torse, l’électricité dans l’air est à son paroxysme. La rage politique, accompagnée par une guitare mitrailleuse et une batterie meurtrière, me ramène à la source de ma propre incompréhension sociale. On chante, on crie, on lève le poing haut, bref, on revient au punk.

5. Deafheaven – 26 juillet Théâtre Fairmount Montréal

Un de mes groupes préférés de la décennie est sur le point de nous plonger dans une ambiance métal progressif émotionnellement impliquant. Malheureusement, un des deux guitaristes ne sera pas présent sur scène. Par chance, celui qui tiendra le groupe, est le membre fondateur. Leur musique décontracte, mais aussi tellement violente, hypnotise la foule. Nous escaladons à coups de hochements de tête langoureux et profonds, l’échelle du progressif subtil. Pour ma part, je n’ai pas remarqué de changements musicaux dus au manque d’un membre de la formation. Un tel professionnalisme ne se voit pas tous les jours.

4. The Queers – 14 septembre Salle Nikitoutagan Jonquière

Un groupe important de mon adolescence, que je n’attendais plus vraiment, refait surface dans la programmation du festival punk de Jonquière; Le Délüge. J’étais évidemment pas le seul à les attendre, puisque ce fut le taux d’achalandage le plus élevé du festival. Tous les classiques du groupe joués à toute vitesse et sans arrêt. La foule était en délire et je crois, au sourire constant de Joe Queer, que les gars étaient contents d’être parmi nous. L’enchaînement effréné nous essoufflait presque, mais la passion nous poussait au 2e souffle. J’ai même eu droit à ma chanson préférée (Another Girl) avec un chanteur invité! Un bon vieux punk rock joué par des gars d’un certain âge, ceci étant dit, il y en a beaucoup qui ne tiennent pas la cadence comme The Queers l’a fait ce soir-là.

3. Pkew Pkew Pkew – 20 mai Katacombes Montréal

La formation punk rock originaire de Toronto n’en était pas à sa première présence à Montréal lors du Pouzza8. Pourtant, j’ai rarement autant anticipé la performance d’un artiste. Avec une musique facile, répétitive et loufoque (c’est exactement ce pourquoi j’adore le groupe), on ne peut que s’attendre à une fête grandiose. On était à la clôture de trois journées de festival dans une salle comble et électrique. Voici, pour ma part, la meilleure façon de bien terminer les festivités printanières. Tout le monde était chaud, tout le monde bougeait, tout le monde chantait à gorge déployée les onze chansons sur leur unique album; impossible de ne pas toutes les connaitre. Deuxième meilleure fin de Pouzza après Prevenge, il y a plusieurs années.

2. Satanic Surfers – 27 juillet Parc Jean-Drapeau Montréal

Il y a eu beaucoup de changements au sein de la formation suédoise Satanic Surfers depuis leurs débuts. Un retour en force avec un de leurs meilleurs albums depuis longtemps; Back From Hell. J’ai beaucoup écouté ce dernier et je l’attendais avec impatience en cette belle journée d’été au ‘77MTL. Seulement, une surprise nous attendait. La conjointe du batteur était sur le point d’accoucher, il fut donc obligé de retourner à la maison pour quelques semaines, Rodrigo a donc repris la barre derrière la batterie. Ne sachant pas vraiment jouer les quelques derniers albums dont il était devenu uniquement chanteur, il décida de faire que des morceaux de son époque. Une grande majorité du légendaire album Hero of Our Time nous a été offerte ce jour là. Je ne crois pas avoir besoin de vous décrire l’effet que mes comparses et moi-même avons ressenti quand nos plus grands classiques défilaient tout au long de la performance. Un spectacle sorti tout droit de 1994, sous le soleil de 2018.

1. Get Dead – 19 mai Foufounes Électriques Montréal

Il y a beaucoup de raisons qui font que je place Get Dead à la tête de mon palmarès des meilleurs shows de l’année 2018. Pour commencer, tout ce qu’ils ont sorti est un pur délice, je suis dans une période folk punk. Ce qui m’amène à la deuxième raison. En show, on est plus dans le même style. Tout est accéléré, amplifié et tout simplement plus punk. Un point que j’adore, bien que ça puisse surprendre à première vue puisque ce n’est pas une pratique courante. La surprise des fans près de moi durant leur première chanson était hilarante. De plus, leur performance sur scène est sans reproche pour un groupe du genre. Mais ce qui m’empêche de dormir la nuit, c’est l’attitude disjonctée du chanteur qui perd la notion de la réalité, autant sur scène qu’après, dans l’enceinte du festival. Bref une bande de malades dans tête qui donnent tout un spectacle, exactement comme je les aime.

On va se souhaiter une autre année remplie de musiques réconfortantes, de découvertes et de spectacles à la hauteur de nos rêves les plus fous.

Bonne année 2019 les punks

ÉCRIT PAR : MARCAN