(Entrevue) Sir Veja, un retour Superyeah!


  • SIR VEJA

  • SUPERYEAH
  • [SONICLAB RECORDS]
  • Année: 2018 // Pays: Allemagne

  • /

J’ai toujours eu un gros faible pour la scène allemande, un vivier de bons groupes dans lequel je pioche régulièrement, et pourtant c’est pas un groupe de punk pur et dur tout vénère qui m’a interpellée il y a quelques années, mais un groupe de punk rock teinté de reggae, ska…

Sir Veja avait déjà sorti 2 albums chez Soniclab Records, Actually It‘s No Punkrock Anymore But The Chicks Fuckin’ Love Us…SO WHAT?! en 1999 et Rent a Soul en 2003, à la patte très reconnaissable, et à la diversité présente dans chaque album. Des tounes clairement punk, d’autres très reggae, d’autres encore mêlant les genres au sein des mêmes morceaux, le tout avec de bonnes parties ska bien marquées.

C’est après un silence de 15 ans (c’est long 15 ans…) que le groupe avait annoncé la sortie de Superyeah en mars dernier.

Premières constatations : Ils n’ont pas changé, enfin si mais non. Je saurais pas dire si je trouve cet album meilleur que les précédents, ou si c’est la joie de les entendre dans de nouveaux morceaux. La voix d’Andi n’a pas pris une ride, éraillée juste ce qu’il faut quand il faut, puissante sans être braillarde, et un flow parfois assez scotchant. On retrouve des sonorités familières (la rythmique de l’intro de Let’s Go! rappelle furieusement celle de Yomama sur l’album précédent), d’autres beaucoup plus nouvelles ; bref, c’est comme retrouver des vieux potes, qu’on a bien connus, mais qu’on a perdus de vue depuis (trop) longtemps.

Parmi les morceaux particulièrement savoureux, on notera le réjouissant F*** You, le très bon Better Days, le déterminé Let’s Go!, She Who Must Not Be Named et la cerise sur le gâteau, Mr Superior (20 Years Later), reprise d’un morceau (qui était déjà un de mes préférés) présent sur le 1er album.

Que ce soit la batterie de Jupp, les cuivres de Robert et Adrian, la basse de Balli ou les voix et guitares de Flo et Andi qui se complètent en parfaite harmonie, tout est à sa place, on sent que c’est pas fait à l’arrache, que chaque mélodie, chaque instrument a été bossé et minutieusement calibré. Y’a du boulot derrière, et tout s’accorde avec naturel: ils prennent leur pied, et c’est communicatif.

Bref, une bonne surprise que ce retour. Leur son reste reconnaissable, on retrouve des éléments familiers, instrumentaux, mélodiques et rythmiques, qui font qu’on est pas déstabilisés, et on remarque des sonorités nouvelles venues se greffer sur cette base pour l’enrichir. Ils nous ont manqué, et ça fait du bien de les retrouver.

A l’occasion de ce retour, c’est avec grande gentillesse et disponibilité qu’Andi et Flo ont accepté de répondre à quelques questions.

  • Ok, commençons par le début 😀 comment avez-vous commencé à jouer ensemble, vous aviez quel âge ? Vous étiez amis d’enfance un truc comme ça, ou c’est venu plus tard ?

Flo : On est devenus amis en allant à la même école dans notre enfance. Jupp et moi on était déjà dans un groupe quand on avait 10 ans en 1986, on jouait de la musique pop à cette époque. Après la sortie de Smells Like Teen Spirit de Nirvana, il était inévitable de suivre cette direction musicale et on a fondé un groupe Punk rock, avec des textes en allemand de critiques sociales et politiques, et beaucoup d’influences Heavy Metal.  Quelques années plus tard le chanteur et un guitariste ont quitté le groupe et Andi nous a rejoints. A cette époque on écoutait beaucoup de groupes de la West Coast, de Californie, comme NOFX, The Offspring, Bad Religion, etc… alors on a décidé de démarrer avec un concept complètement nouveau, et ça a été la naissance de Sir Veja en 1995.

Andi: J’avais joué de la guitare et chanté dans quelques autres mauvais groupes avant que Jupp et Flo me demandent de rejoindre leur étrange combo. J’étais jeune et sans talent, donc je correspondais parfaitement au groupe.

  • Pourquoi « Sir Veja »? Quelle est l’origine de ce nom ?

Flo : Le nom a été inventé après des vacances au Portugal et ça rend hommage à notre boisson préférée depuis toujours. Vous pouvez deviner ce que c’est ? Au Portugal ou Brésil on entend ces mots très souvent, en particulier dans les bars 🙂

Andi: Yep. Et en portugais « veja » signifie aussi « voir ». Si quelqu’un a besoin d’une explication plus sophistiquée. 😉

  • Les paroles de vos chansons ne sont pas en allemand mais en anglais, c’est plus naturel/intuitif à cause de ce que vous-mêmes vous écoutez, vos influences ? Vous préférez la sonorité de cette langue ? Vous n’avez jamais été tentés de chanter en allemand ?

Flo : Comme dit plus tôt, au début on a commencé en chantant des paroles en allemand, mais influencés par les groupes californiens Melodicore on a commencé à écrire nos textes en anglais, parce que cette langue sonne mieux avec nos chansons et attitudes. Sur le nouvel album Superyeah on a aussi une chanson en allemand.

Andi: Oui, Hauptsache laut!. Super chanson.

  • Pour les textes, vous êtes toujours inspirés par les mêmes thèmes/sujets, ou ça a évolué par rapport aux débuts ?

Andi:   En fait la raison pour laquelle j’écris des chansons est médicale. Je dois travailler sur les choses qui me dérangent. Comme les relations brisées ou des questions philosophiques. Sinon, j’aurais peur de devenir fou. Donc, pour moi, écrire des chansons est définitivement une sorte de thérapie. Je pense que les plus grands thèmes de mes chansons n’ont pas beaucoup changé au cours des 20 dernières années. Intéressant … Je devrais en parler à un thérapeute 😉

  • Sur votre site vous citez NOFX, Operation Ivy, Millencollin, Sublime, ou The Offspring comme groupes qui vous inspirent. Ces inspirations sont toujours les mêmes ou ça a changé ? Vous écoutez sûrement de nouvelles choses, ça influence votre musique ?

Flo : Nous aimons toujours le son de ces groupes, mais bien sûr, il y a beaucoup de nouveaux groupes comme Social Distortion, Beatsteaks, Propagandhi, et bien d’autres, nous inspirant tous les jours pendant la composition de nos chansons.

Andi: Surtout au début, on a essayé de copier nos idoles, probablement comme tous les jeunes groupes. Mais plus on jouait ensemble, plus on inventait notre propre style. Nous l’appelons modestement « MonsterGaloppingSkaCore ».

  • Est-ce qu’il y a une(des) chanson(s) de Sir Veja que vous préférez pour quelque(s) raison(s) ?

Andi: Nos exigences élevées nous obligent à ne diffuser que les chansons que nous soutenons à 100%. Honnêtement 😉

Mais en ce moment, nous aimons vraiment tout le nouveau stock.

  • Pour être honnête, la toute 1ère fois que j’ai entendu Sir Veja, c’était avec une (très bonne) reprise de I Will Survive (sur Punk Chartbusters Vol.6). Vous n’avez jamais voulu l’enregistrer sur un album ? Vous avez fait cette reprise spécialement pour Punk Chartbusters ou vous la jouiez déjà (par exemple en concerts) ?

Flo : Cette chanson a été pendant longtemps notre chanson standard pour finir un concert. Lorsque Wolverine Records nous a demandé si nous voulions envoyer une chanson pour un nouveau Punk Chartbusters, nous l’avons enregistrée et publiée pour cette compilation seulement.

Andi: AAAARRRRRGHHH! Nous l’avons rejouée lors de notre soirée pour la sortie de Superyeah, et putain les gens adorent cette chanson. Nous ne jouerons plus cette reprise, car personne ne devra avoir d’autres morceaux que ceux que nous avons écrits nous-mêmes !!!!

  • Vous jouez régulièrement en clubs, festivals, vous avez un meilleur et/ou un pire souvenir durant un concert ?

Flo :  Le meilleur souvenir d’un concert, on était en tête d’affiche d’un petit festival à Schierling (près de Ratisbonne) devant 3000 spectateurs. On jouait après Seeed et il y avait une pluie d’enfer. Je pensais que les spectateurs retourneraient à leurs tentes après avoir écouté Seeed, mais ils sont tous restés, et même si la pluie ne s’est pas arrêtée, on a fait une grande fête ensemble. C’était incroyable.

Andi: Oui, c’était génial! Mais ça m’amène directement à notre pire expérience. On jouait en Autriche en première partie de Bambix (super groupe des Pays-Bas!). Notre performance était vraiment bonne, mais après chaque chanson une seule personne applaudissait. Le reste du public restait stoïquement debout, attendant Bambix. Super exercice pour nos egos.

  • 15 ans ont passé depuis le dernier album Rent a Soul, pourquoi diable si longtemps ?

Flo : Le dernier album Rent a Soul est sorti en 2003, et peu de temps après nous avons mis fin au groupe en 2004, parce que les membres du groupe ont commencé à travailler et à fonder des familles dans plusieurs régions de Bavière et de Suisse. C’était difficile pour répéter et continuer la scène. Mais au fur et à mesure que le temps passait, nous ne pouvions plus le supporter et la scène nous a rappelés en 2008.

Andi: En fait, le spectacle en 2008 était seulement un cadeau d’anniversaire pour un de nos bons amis, mais le club de Munich était complet, et encore une fois nous sommes devenus accros à jouer du punk rock et faire la fête avec nos fans.

  • Peace, Love, and Shake your Ass, votre devise et le titre de votre nouveau single, sonne comme un hymne, vous l’avez écrit il y a longtemps ou récemment ?

Andi: Honnêtement, c’était la toute dernière chanson que nous avons écrite pour le nouvel album. Nous voulions placer notre devise « Peace, love and shake your ass » dans une chanson, et nous voulions aussi montrer aux gens, comment prononcer correctement « Sir Veja ».

  • Vous avez joué en support pour Jaya the Cat, Rantanplan… Bons souvenirs?

Andi: Yeah! Great Dudes!

  • Des artistes ou groupes allemands que vous aimez et que vous pourriez recommander ? Avec lesquels vous aimeriez jouer ?

Andi: Beatsteaks, Die Ärzte, Itchy, Schmutzki, WIZO

  • Quels sont vos projets maintenant ? Concerts ? Vous pensez déjà au prochain album ?

Andi: Maintenant que l’album est sorti, nous jouerons quelques concerts dans les festivals cet été. Et de nouvelles demandes arrivent régulièrement. A voir comment l’équilibre avec le travail/vie personnelle peut se faire. Et définitivement on pense au prochain album! Maintenant que les vieilles idées sont libérées, de nouvelles grandissent de manière incontrôlée.

Sur cette dernière note qui ne laisse présager que du bon à venir, encore un grand merci pour leur disponibilité, et en espérant que maintenant sur leur lancée, le prochain opus arrivera rapidement sans que les fans se languissent de leur retour…

ÉCRIT PAR : ALICE

Publié le janvier 19, 2019, dans Musique, Punk, Punk Rock, Ska, Ska Punk, Ska Reggea, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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