L’Année 2018 de Phil Vai!

L’année achève, l’heure des bilans a sonné. Depuis que «Spotify Wrapped» donne l’option à tous de consulter ses statistiques d’écoutes et de les partager sur les réseaux sociaux, je suis toujours surpris de voir à quel point des tonnes d’albums sont passés sous mon radar. Ce partage tardif mènera fort probablement à ce qu’en 2019, mon album préféré date de 2018, mais bon, on ne se plaindra jamais d’avoir trop de bonne musique à écouter.

De par mes goûts personnels, je n’ai pas d’ordre précis à mon palmarès. Toutefois, l’élément «heures d’écoute» ne ment pas pour justifier le sommet de mon top 3; des albums qui ont joué en boucle dans mes oreilles et vont certainement rester dans mes classiques pour les années à venir.

Au top, sans équivoque, Good Luck Rassco de Lost Love me remplit de bonheur à chaque écoute. Simple, efficace, accrocheur, naïf et entraînant, l’album sorti en mai est la représentation même d’une scène montréalaise en santé. Un pop-punk livré parfaitement, les vers d’oreille débordent du LP, à chaque jour ma chanson préférée change. Écouter Lost Love ce n’est pas juste encourager la scène locale, c’est encourager un excellent groupe tout court.

Pour poursuivre dans l’excellence : Slow Buzz de Remember Sports. Lorsqu’en 2014 le quatuor de Gambier (Ohio) a sorti Sunchokes, je suis instantanément tombé en amour avec leur son. L’album était tellement jouissif que je ne croyais le groupe capable d’accoter ce matériel, et bien ils ont aisément prouvé le contraire avec Slow Buzz. À la croisée des chemins entre le punk, le grunge, l’indie rock et le folk, Remember Sports a sorti un album sans temps morts. La voix de Carmen Perry va vous faire dresser les poils de la nuque garanti. Les mélodies et les paroles sont à double tranchant; une chanson qui vous rend heureux une journée, peut vous rendre triste et mélancolique le lendemain. J’entendais littéralement leur musique dans mes rêves!

Pour compléter le podium, Fight the Good Fight de The Interrupters. Ils ont tout simplement trouvé une recette qui marche à tous les coups. Faire un ska-punk qui se distingue autant au-dessus de la mêlée n’est pas sans mérites. La cohésion entre la fratrie Bivona et Aimee Interrupter est encore une fois solide, une succession de hits qui m’a fait danser et chanter toute l’année. Ça l’aide aussi que mes enfants me demandaient d’écouter She’s Kerosene et Title Holder dans la voiture au lieu d’Henri Dès.

Pour le reste voici en rafale mes autres coups de cœur qui ont agrémenté mon année. Au Québec, plusieurs groupes se sont démarqués avec des créations notoires, dont Barrasso et l’épique LP Colada qui va saturer votre cerveau d’une surcharge de guitares qui décapent.

Nominé aux prix GAMIQ, Capable! avec l’EP Hot-Dog Chicane, nous sert un punk rock ancré dans le sens classique du mot, à la fois dénonciateur et relatant le récit du quotidien. On ne peut passer sous silence Bucky Harris et leur puissant EP Breathing Room, ainsi que Sunny Side Up de Bussieres qui n’a rien à envier aux grands noms du skatepunk.

Sans oublier, Grimskunk, fêtant ses 30 ans de carrière avec Unreason In the Age of Madness (entrevue avec Franz), qui prouve que nos légendes québécoises vont déplacer de l’air pour plusieurs années encore. Lire l’entrevue réaliser avec Franz. Autres mentions spéciales : The Costanzas avec So Long et The Carringtons avec Cursed City.

Au niveau international, les Australiens Nerdlinger et leur énergique Happy Place est un mélange de tellement de bons trucs, qu’ils en ont créé leur propre identité. Happy Place plaira autant aux nostalgiques du skate et pop punk des 90’s qu’aux fans de matériel plus récent (MXPX, Off With Their Heads, Civil War Rust, Success, Less Than Jake, Blink 182).

Alkaline Trio revient en grande force après 5 ans d’absence avec Is This Thing Cursed?. World Scariest Police Chases nous a livré l’abrasif Ablum 3, un hardcore entraînant, provocateur et sarcastique. Encore dans la trame des groupes hardcore contemporains, Turnstile avec Time and Space et Drug Church avec Cheer sont d’autres beaux exemples que le hardcore n’a pas terminé de se renouveler.

De son côté, Jeff Rosenstock arrive une fois de plus avec une bombe intitulé POST-, continuant de se forger une place bien à part dans le paysage punk. Il faut aussi mettre les projecteurs sur Night Birds et leur sonorité « néo-Dead-Kennedys » qui continue d’exceller avec Roll Credits, ainsi que Cloud Nothings, avec le LP Last Building Burning, qui continue de briller avec leur grunge à la fois carabiné et onirique.

… j’espère que vous y trouverez votre compte! Passez un joyeux temps des fêtes avec familles et amis, puis Bonne année 2019!

ÉCRIT PAR : PHIL VAI