(Chronique) Cloud Nothings retourne à ce qu’ils font de mieux!


  • CLOUD NOTHINGS

  • LAST BUILDING BURNING
  • [CARPARK RECORDS]
  • Année: 2018 // Genre: PUNK

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Pour ce cinquième long jeu, le groupe a enregistré au Sonic Ranch, isolé sur une terre agricole près des lignes mexicaines, bien loin de leur Cleveland d’origine. Produit par Randall Dunn, surtout connu pour son travail avec des groupes drone et métal (Sunn O))), Myrkur), l’album fut enregistré le plus simplement possible, en minimisant l’utilisation de la technologie pour un son en spectacle. Le groupe désirait transmettre l’énergie pure du moment; c’est un retour à la base axé sur la composition en sessions de pratique. Baldi précise aussi rechercher une sonorité unique et plus lourde :

I wrote this because I feel like there aren’t too many rock bands doing this right now. A lot of the popular bands with guitars are light. They sound good, but it’s missing the heaviness I like.

On An Edge dicte immédiatement le ton en se distançant du calme et mitigé album précédent Life Whithout Sound. La pièce d’ouverture s’emballe au son d’une batterie effrénée et des guitares décapantes. La voix de Baldi est presque méconnaissable; le chanteur lance les paroles comme un chien qui jappe face à l’ennemi. À mi-chemin entre le grunge et le punk hardcore, la guitare accrocheuse des couplets balance avec tact les rugissements. Une pièce qui donne le goût d’être impulsif.

Sur le thème d’un conseil d’ami qui laisse clairement place à la jalousie, Leave Him Now fait volte-face avec la pièce précédente. On y retrouve le côté sucré du groupe avec une mélodie plus racoleuse. Succédé par In Shame, sur la frustration, l’orgueil et la rancœur, on y retrouve l’heureux croisement entre les deux premières chansons, agençant le caustique et l’accrocheur. Offer An End, traitant de lorsqu’un couple atteint ses limites, propose un thème musical plus doux. On peut relever un peu de The Cure dans le son des guitares et la mélodie vocale. C’est aussi l’apparition du premier pont musical, annonçant la direction du reste de l’album avec un sentiment d’improvisation bien calculé montant en crescendo.

The Echo Of The World, premier extrait de l’album, rappelle avec optimisme qu’il faut faire le vide et apprendre du passé pour focuser sur l’avenir, sujet qui sera d’ailleurs repris en fermeture avec la mélodie pop de Another Way Of Life. Après une courte minute d’un grunge nostalgique des 90’s, les musiciens nous surprennent avec un segment envoûtant, nous transportant d’une berceuse à une surcharge instrumentale et se terminant sur la répétition rauque et hypnotisante de The Echo Of The World.

De prime abord, Dissolution semble une simple pièce grunge classique nous encourageant à retrouver nos repères. Quand on remarque que la pièce dure 11 minutes, on réalise vite que quelque chose mijote. Quand on croit la chanson morte, on commence à entendre la bête revivre doucement en improvisation psychédélique. Un coup son souffle récupéré, les battements reprennent jusqu’à retrouver un rythme qui accélère jusqu’à une urgence épileptique et féroce. Un segment instrumental bien ficelé qui vous transportera ailleurs.

So Right So Clean, contenant les paroles qui ont donné le titre à l’album, est ironiquement la pièce la plus faible du LP. Malgré tout, le thème est pertinent : on y fait référence aux vieux bâtiments qui sont jetés au sol pour revamper les quartiers avec des condominiums, détruisant la personnalité du voisinage au profit de l’argent, sans toutefois régler les problèmes sociaux qui perdurent.

Last Building Burning est un retour aux sources pour Cloud Nothings; le mélange de pièces courtes à saveur pop crasseux, punk et de longs interludes instrumentaux nous rappellent par moments Attack On Memory et Here And Nowhere Else.

L’expression accrocheuse et rude des guitares est portée par la batterie chaotique de Gerycz, qui impose une atmosphère oscillant entre l’apaisement et la catharsis. Le son plus cru et mélodique de Last Building Burning, en comparaison à l’album précédent, rappelle sans contredit les chansons qui ont mis Cloud Nothings sur la carte. Une fois de plus, il leur suffit de huit pièces pour nous convaincre qu’ils ont tout donné. Le quatuor démontre que de constamment changer de producteur est une bonne recette pour pousser leurs limites vers une qualité en constante évolution. Une prestation puissante du quatuor de Cleveland qui vous donnera des frissons.

En spectacle à Montréal, mercredi le 28 novembre!

1. On An Edge
2. Leave Him Now
3. In Shame
4. Offer An End
5. The Echo Of The World
6. Dissolution
7. So Right So Clean
8. Another Way Of Life

ÉCRIT PAR : PHIL VAI

Publié le novembre 28, 2018, dans Grunge, Indie Rock, Musique, Post Punk, Post-Rock, Punk, Punk Hardcore, Punk Rock, Rock, Rock Alternatif, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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