(Entrevue) Silex, Sharp comme le rock!


  • SILEX

  • [HOM RECORDS]
  • VILLE: MONTRÉAL // PAYS: CANADA

Dans l’imagerie populaire, nous avons souvent tendance à associer les skinheads aux mouvances néo-nazies. C’est pourtant bien loin de la réalité. Peu de gens savent que la contre-culture skinhead est née d’un métissage entre la culture mod britannique et la culture ska et reggae jamaïcaine survenu à la fin des années 60. En effet, plusieurs des premiers skinheads étaient d’origine jamaïcaine et c’est plutôt dans les années 80 que nous avons vu apparaître les néo-nazis au sein de cette culture. Réagissant à la perversion de leur culture, des skinheads ont décidé en 1987 de fonder à New York le mouvement SHARP ou Skinheads Against Racial Prejudice sous l’impulsion de groupes tels que The Oppressed et The Press.

La scène skinhead montréalaise est particulièrement marquée comme étant antiraciste, par ailleurs. Riche d’une grande tradition refusant la présence de l’extrême droite et du racisme (souvent à coups de poing sur la gueule), la scène montréalaise a compté plusieurs groupes cultes tels que Banlieue Rouge, Street Troopers, Jeunesse Apatride, The Prowlers, Corrigan Fest, Esclaves Salariés et plusieurs autres. Héritiers de cette tradition, un chapitre montréalais des Skinheads Against Racial Prejudice s’est formé l’an dernier et a éventuellement donné naissance à un groupe de musique : Silex.

J’ai été à leur rencontre le dimanche 21 octobre dernier lors d’un concert au Louderhouse, salle de concert DIY et underground située dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Silex jouait alors avec les groupes Chloroform d’Ottawa et Torment, de Montréal. Ces derniers lançaient par ailleurs une nouvelle cassette produite par HoM Records, le même label que Silex (j’y reviendrai probablement dans un article ultérieur).

Pour en revenir à notre sujet, Silex, c’est un mixe entre oi ! et rock‘n’roll tout droit sorti d’Hochelaga avec un chant parfois francophone bien québécois et parfois anglophone. Ils ont d’ailleurs lancé, fin août, un premier EP intitulé Sharp As A Rock où l’on retrouve deux chansons en anglais et deux autres en français. J’ai particulièrement accroché sur leur chanson éponyme qui se démarque un peu des autres titres avec son côté mélancolique aux influences post-punk. Le groupe est formé de BB Punk au chant, Dan Prestone à la guitare, Fabio à la basse et Dom à la batterie. On peut également voir ces musiciens à l’oeuvre dans plusieurs autres projets musicaux tels que Force Majeure, Béton Armé, Idiocrates ainsi qu’Ibrahim et les Dompteurs de Tigres.

J’ai donc profité de ce dimanche après-midi d’automne pour m’entretenir avec les gars de Silex. Ils ont commencé à pratiqué, il y a près d’un an et demi avec un autre batteur qui a quitté, puis Dom les a rejoints il y a environ 6 mois, au moment où les trois autres commençaient à vouloir arrêter le projet. Bien que le groupe ait joué beaucoup de concerts ces derniers temps, ce n’est pas nécessairement le rythme qu’ils veulent avoir constamment, comme disait Fabio : « Dans le fond, on joue beaucoup, parce qu’on a accepté plein de dates sans savoir qu’on avait accepté d’autres dates. » Par contre, après cet automne mouvementé, les gars prévoient prendre une pause afin de composer et enregistrer un album un peu plus long que Sharp As A Rock.

L’une de ces nouvelles chansons, Nos rues, que le groupe a déjà commencé à faire en concert traite spécifiquement du quartier Hochelaga-Maisonneuve, où traînent généralement les membres de Silex et ceux du SHARP. BB Punk nous explique :

« En fait la toune sur Hochelag’, je l’ai écrite vraiment par amour, c’est une poésie sur mon quartier, sur mon patelin natal. Hochelaga, je le vois dépérir, je le vois s’améliorer, je vois du nouveau monde arriver, il y en a qui ont de l’allure pis d’autres qui ont pas rapport dans le quartier. […] Les parcs où je jouais quand j’étais ti-cul, aujourd’hui c’est des ostis de condos de Samcon. Comme je pourrais m’auto-citer dans la chanson, depuis que t’as mis les pieds ici, même les rôteux sont hors de prix. »

Bien que le groupe se rassemble autour d’une prise de position contre le racisme, Silex ne cherche pas à faire de l’activisme politique, mais seulement jouer de la musique et avoir du fun. Fabio nous explique :

« À part la toune sur Hochelaga, la plupart de nos tounes parlent de boire, de faire le party pis de faire du rock ! ». L’esprit du groupe peut se résumer dans cette citation de Dom : « On n’est pas là pour montrer nos positions politiques, on est là pour rocker. Les gens qui nous connaissent savent où on se situe. »

Bref, l’avenir semble prometteur pour Silex, même si AC/DC ne les a pas encore contactés pour jouer avec eux, malgré le souhait que Fabio, le bassiste, nous a formulé avec humour durant l’entrevue. Nous surveillerons l’avancement de cet album à venir. Pour l’instant, je vous laisse avec leur mot de la fin : « Keep on rocking in the free world ! »

Pour écouter le nouveau EP de Silex, ça se passe ici!

ÉCRIT PAR : ÉRIC SÉDITION

Publié le novembre 9, 2018, dans Musique, Oï Punk, Punk, Punk Rock, Québécois, Street Punk, Street Rock, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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