(Chronique) No Real Hero, un sombre retour en force!


  • NO REAL HERO

  • THE FOREST (EP)
  • [THOUSAND ISLANDS RECORDS]
  • Année: 2018 // Genre: PUNK ROCK

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Après un premier disque éponyme paru en 2014, No Real Hero tourne enfin la page d’une histoire musicale engourdie par un sombre événement. The Forest marque l’arrivée sur disque du guitariste Maxime Leblanc qui figure dans le groupe depuis un bon moment, mais n’était pas sur le premier disque. La formation de Sainte-Marthe-sur-le-Lac se relève donc les manches avec ce nouveau EP qui fracasse le temps après quatre longues années sans trop d’activité, ni de nouveaux morceaux à se mettre sous la dent.

Dans ce disque de cinq chansons (je ne compte pas l’intro), d’après les textes, il semble y avoir beaucoup de déchirures sentimentales, beaucoup de tiraillements avec soi-même et la chute d’un homme. Le ton est souvent sombre, c’est normal avec cette pochette et ce titre on peut présager que le bonheur ne s’y retrouvera pas et que l’ambiance semblera plutôt lourde de conséquences après leur deuil. Pas le moindre jet de lumière n’y est propagé dans cette forêt assombrie. Est-ce volontaire de la part du groupe, peut-être pas, mais nous pouvons dire que cette réalité se tire bien d’impasses dans leurs chansons quand même et réussissant à susciter de l’intérêt propice à se faire découvrir avec ce deuxième opus. Enfin, les radars sont bien alarmés.

Dès les premiers instants, on le sent, on le vit et on le sait qu’il y a quelque chose qui ne va pas bien. C’est le vif portrait d’une triste réalité d’aujourd’hui, il est vrai que derrière nos portes se cache un mensonge commun, une facilité de dire que ça va bien quand plus rien ne va. Il est clair que nous banalisons nos situations au risque de devoir expliquer ou se faire juger parce que nous allons mal. L’appel à l’aide n’est pas souvent de bon augure pour une personne qui se sent toujours seule les yeux rivés derrière l’écran. Comfort In Sorrow semble bien refléter ce sentiment qui s’étale aussi lors du reste de la galette.

Côté musical, le disque The Forest met en lumière la substance essentielle du punk rock tangiblement lourd et se comble par des riffs mélodiques qui se développent avec une habilité combative. Ça touche partiellement au heavy métal et c’est là que toute la splendeur des musiciens entre en jeu. Visiblement les pièces semblent avoir été travaillées d’une façon méticuleuse et sensée. Le pavé entamé donne des horizons de justesse et de précision typiques de ce genre musical.

Le seul hic, vous l’avez peut-être deviné. Et oui, je reviens une fois de plus sur le sujet, la basse n’est pas assez présente et aurait pu alourdir plus profondément le contraste des pièces qui sont pourtant si bien bâties pour résonner avec pesanteur. On s’entend, cet instrument a la force de faire une grosse différence. Ceci dit, on l’entend très bien et elle suit la trajectoire dressée par les guitares, elle déborde pas tellement, mais fait acte de présence. Ce que j’essaie d’expliquer, c’est que j’aurais aimé l’entendre plus lourdement, plus prononcée, mais je n’y enlève rien. Elle complète bien la batterie qui disons-le, martèle à merveille.

Trois titres sortent du lot pour ma part. The Forest For The Trees, qui est sans doute le plus adouci des titres sur ce disque jusqu’à 1 minute 09 où le tempo remonte un peu en cadence pour s’estomper dans une courte mélodie favorable vers les 3 minutes 20 avant de terminer sa course par la suite. Cette chanson est parfaite et la progression est charmeuse. Red And Black parle d’un sujet inhabituel, des ravages chez une personne victime de photos nues exposées sur la grande toile informatique et elle s’est sentie trahie. C’est une nouvelle réalité courante et pas du tout fictive, elle est dévastatrice et blesse souvent les gens, qui sont marqués pour la vie. J’aime aussi cette pièce pour son côté punk rock à fond de train, double pédale au plancher, des guitares qui se tiennent avec du tonus. Sinon This Is Home est une autre de mes chansons préférées.

Et on peut dire que musicalement The Forest ne s’éloigne pas du premier disque éponyme, c’est plutôt une suite logique qui reflète bien le sentier entamé auparavant. Bien qu’il soit un tantinet plus mélodique, il n’y a pas gros d’écart. L’album vaut le coup d’être entendu, d’être acheté. C’est du très bon punk rock local qui a la chance de faire valoir son pesant d’or et d’étaler sa qualité propice à la découverte de No Real Hero. Enfin, le groupe peut être soulagé et enlevé du poids sur ses épaules avec ce disque et se dire que maintenant, ils ne reculeront plus et que leur lancée vers l’avant devrait être dure à freiner.

1. Opening
2. Comfort In Sorrow
3. Broken Waters
4. This Is Home
5. The Forest For The Trees
6. Red And Black

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le octobre 4, 2018, dans Musique, Punk, Punk Métal, Punk Rock, Skate Punk Mélodique, Skatepunk, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. 1 commentaire.

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