(Chronique) Intrusion au pays du soleil levant avec Sunsgrind


  • SUNSGRIND

  • FAR FROM A PRECIPICE
  • [EVOL RECORDS]
  • Année: 2005 // Genre: SKATEPUNK MÉLO

C’est bien connu, les Japonais ont un sens du rythme incroyablement efficace et puissant. Comme dans plusieurs domaines, ils excellent sans freinage et restent à l’affût de ce qui se fait de mieux dans ce domaine musical. Pas étonnant que leur musique soit aussi vénérée par les grands mélomanes et les amateurs de musique punk à roulettes. Après tout, quand la qualité est au rendez-vous et répond d’une manière aussi forte, les gens ne peuvent que s’y accrocher. Et avec Sunsgrind vous êtes servis au plus haut niveau, ils étaient maîtres de leur art.

Sunsgrind, groupe issu de Yokosuka dans la péninsule de Miura, malgré une courte existence, de 2001 à 2007, déclenchait un skate punk relativement complexe et qui se démarquait avec une dose de vitesse effrénée, une vraie course folle à toute vitesse. Et leur gamme créait parfois l’alchimie parfaite entre le punk mélodique et ce qu’on appelait autrefois l’emocore. Rassurez-vous, les émotions ne sont ni trop exagérées, ni omniprésentes. Certains définissent aussi leur musique par le skatecore, une variété punk rock qui se caractérise par une furieuse dose de vitesse mélangeant le hardcore mélodique et typique des années 90 au skate punk.

Productivité fulgurante des Japonais en peu d’années, ce qui leur était honorable avec cette discographie composée d’un démo, un split avec Child Lock, deux EP et deux albums dont Like A Grown-Up Expressions (deuxième complet) qui fut l’émanation propice de leur réunion en 2010. Mais celui qui nous intéresse est sans doute l’un des plus redoutables albums de Sunsgrind, Far From A Precipice paru en 2005 chez Appeal Records. Ce disque complet avait été le seul avec le chanteur original, Ryo Kazama, avant leur retour en 2010 qui donna naissance au second album studio. Disque qui était bon dans l’ensemble et qui reflétait encore la source du bon vieux Sunsgrind.

Et Ryo Kazame chante avec du cœur en constante ascension harmonieuse. Il est clair que la passion transmise avec une énorme facilité bien sentie dans chacune des pièces est en quelque sorte un instrument en soi, invraisemblable. Une force caractérisée par un don intense qui précise avec entrain l’élan de Far From A Precipice. Bien sûr les guitares complètent à merveille l’enthousiasme vocal et se logent habilement dans les mélodies aussi bonnes qu’elles soient, un apport crucial dans l’évolution du disque, une essence motrice d’une virtuosité divine. Et ce qui fascine, c’est que les deux guitaristes Jun et Yasuke ne semblent pas être à court d’idées dans l’innovation des riffs inspirants. La performance est franche, directe et impressionnante. Quelque peu technique, la progression est tangible et bien apprêtée.

C’est un peu la même chose pour la batterie, Noaka devait faire preuve de créativité à vitesse extrême pour innover sur son instrument et faire de sa démarcation une correspondance parfaite entre l’expérimentation et la tradition typique du punk rock. Chacune des pièces démontre la grandeur exploitée à un haut niveau respectable. On sent l’urgence inhérente au punk. C’est vif, rapide, intense et tellement jouissif pour l’entièreté d’un album qui se situe dans mes chefs-d’œuvre du genre. Le seul petit élément qui est moins présent comparativement aux autres, est sans doute la basse d’Osamu, bien qu’elle soit cohérente, il n’y a pas de vrille, de débordement trop symbolique ou de démarcation substantielle. Oui, nous l’entendons bien, mais elle est toujours quasi dans le même ton. N’empêche que c’est un très bon bassiste.

J’aime la rage de Precious Time dans son introduction et qui se transmet par séquences dans la longévité du morceau. Ça accroche l’auditeur qui carbure l’essentiel de la base de la chanson sans le moindre arrêt, c’est spontanément brusque et notoire. On peut dire que la composition fondamentale est captivante. Too Much Is A Good Thing, Second Meaning, A Ray Of Light et My Last Implantation (avec ses petits breakdown) sont les autres pièces qui viennent revivifier la flamme parfaite de cette musique prompte et favorisent la satisfaction avec un effort surprenant.

Pas besoin d’attendre la fin du disque pour savoir si on aime ou pas Sunsgrind. Les premières chansons vous mettent les pendules à l’heure sans surprise désolante. S’il n’y avait qu’un seul défaut, c’est qu’il est vrai que ce disque se brûle si rapidement qu’il va de soi que l’écoute en boucle est de mise sans retenue. Il faut s’y plonger sans retenir son souffle, car vous risquez de manquer d’air rapidement. C’est si bon ce disque. Les fans de A Wilhelm Scream n’écarteront pas la possibilité d’aimer Sunsgrind.

1. A ray of light
2. Be sad
3. In congestion
4. Precious time
5. Too much of a good thing
6. Unchanged longing
7. Owing to you
8. Second meaning
9. My last implantation

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le octobre 1, 2018, dans Musique, Punk, Punk Rock, Skate Punk Mélodique, Skate Punk Progressif, Skate Punk Technique, Skatepunk, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. 1 commentaire.

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