(Entrevue) Jonathan de Crash Ton Rock


  • JONATHAN / CRASH TON ROCK

  • [STOMP RECORDS]
  • VILLE: JONQUIÈRE // PAYS: CANADA

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Jonathan, tu viens du Saguenay et plus particulièrement de Jonquière. Ta musique est née sur ces terres, est-ce que ce petit coin de pays est un petit coin de paradis pour toi et tes compositions ?

C’est sûr que les textes de Crash ton rock sont teintés de ce que je vis et ce qui m’entoure. Et de ce fait, la région d’où je viens a inévitablement un impact sur mes textes. J’habite Jonquière qui est un arrondissement ouvrier de soixante-mille habitants de la Ville Saguenay, et même si c’est un endroit où il fait bon vivre, et où j’ai su m’entourer de gens qui me ressemble, j’évolue dans une atmosphère qui me rejoint peu. En ce sens, disons qu’ici l’intérêt général est plus tourné vers la motoneige, les voitures, les vtt et la musique mainstream que vers l’art et la culture underground.

A quel âge as-tu rencontré la musique et décidé de faire ta route avec elle ? Quels artistes t’ont instinctivement donné l’envie ?

J’ai rencontré la musique assez tôt, vers l’âge de 7-8 ans avec une cassette du groupe Les B.B. que ma mère m’avait achetée (hahaha !). Tranquillement ça a évolué vers le rock et j’ai connu Bryan Adams, Scorpions et Guns’n’Roses. En entrant au secondaire, j’écoutais pas mal de musique métal comme Metallica et Slayer mais je trippais surtout sur les beats rapides. J’étais un gros fan de Anarchy in the U.S.A de Megadeth quand une connaissance m’a dit : « savais-tu que c’était une cover de Sex Pistols ? ». J’en avais aucune idée, pis c’est en l’écoutant que j’ai connu le punk-rock. J’suis aussitôt tombé en amour avec cette musique-là. D’abord pour sa musique et ensuite pour son côté contestataire. C’était aussi les années « grunge » et comme plusieurs, j’ai commencé à gratter avec des tounes de Nirvana.

Dans mon adolescence j’ai écouté pas mal de trucs, de NOFX à Dead Kennedy’s en passant par FYP et Crass mais j’ai surtout trippé sur Rancid et Operation Ivy. J’ai commencé à jouer dans des bands en secondaire 3 et mon premier groupe était un groupe ska. J’ai d’ailleurs joué pendant 8 ans, soit de 99 à 2006, dans un band skacore qui s’appelait Code d’Éthique. À ce moment-là, j’étais un gros fan de Chocking Victims, Leftöver Crack, Link-80 et Suicide Machine.

Parallèlement à tout ça, j’ai aussi pas mal suivi la carrière de Brendan Kelly des Lawrence arms. D’abord avec Slapstick et ensuite avec The Broadways et Lawrence Arms. En tant que chanteur, c’est pas mal lui qui m’a le plus inspiré.

Est-ce que c’est toi qui fait de la musique ou est-ce que c’est elle qui te fait ?

C’est une question assez complexe ! (hahaha) J’imagine que c’est un peu des deux… Les textes des artistes que j’ai écouté et que j’écoute ont eu une grosse influence sur la personne que je suis devenue et sur qui je suis. Cependant, j’écris pas mal, et j’imagine que c’est un peu moi qui la fait aussi. Une chose est sûre, c’est que je ne peux pas imaginer ma vie sans écouter de musique et c’est nécessaire pour moi de créer. Dans les deux cas, ça fait partie de mon identité.

Tu as été emmené à voyager, notamment en Afrique, peux-tu nous dire où et pourquoi, et est-ce que ça a nourri ta personne et ton analyse du monde pour tes écrits ?

J’ai été au Burkina Faso en 2001 durant un stage de coopération internationale à la fin de mon DEC en travail social. À la base, je crois que c’est le punk-rock qui m’a influencé à choisir cette profession pour mes études. Pour moi, le punk devrait être est un genre de musique contestataire, socialiste et ouvert. Ce sont ces valeurs qui m’ont poussées à m’intéresser au travail social et qui ont nourri mon intérêt pour la coopération internationale

Toutefois, je crois que le Burkina Faso m’a permis de mettre en perspective certains aspects de notre mode de vie occidental et de mettre en lumière ses bons et ses mauvais côtés.

Dans la chanson « Brûle le Québec, brûle » de l’album « Volte Face », est-ce que c’est un adieu, est-ce que pour toi le Québec a perdu de son identité ?

De mon point de vue, ce n’est pas une chanson nationaliste. En ce sens, je n’ai pas d’attachement particulier concernant les frontières du Québec (son indépendance) et ou ses politiques. L’intention derrière cette chanson est de transmettre le message suivant à l’auditeur : ça ne vaut pas la peine de créer de nouvelles frontières si c’est pour calquer le modèle actuel, tant au niveau politique, social, qu’économique.

Ton groupe Crash ton rock existe depuis 2006, qu’elle est votre recette pour mélanger autant de styles « punk, folk, country » vous aviez tous des influences musicales différentes ?

J’aime plusieurs artistes qui font partie des styles musicaux que tu mentionnes. Mais comme je compose les riffs et les textes seul chez moi, je crois que ça se fait plutôt instinctivement à la base. Ensuite, chacun des musiciens du groupe apporte sa couleur aux chansons avec son instrument respectif. Et comme nous sommes six dans le groupe, j’imagine que les influences de chacun se reflètent dans notre musique.

Vous êtes actuellement sur le Label Stomp Records, vous étiez signés chez Slam disque, pourquoi avoir changé de Label?

Nous avons d’abord fait entendre des versions démos de quelques chansons que nous avions composées pour le nouvel album à Jessy Fuchs (chez Slam Disques) mais il ne les aimait pas ou n’était pas particulièrement enthousiaste.

D’un autre côté, il faut aussi admettre qu’entre notre premier album et Volte-Face il y avait eu plusieurs changements et quelques mauvais coups d’un côté comme de l’autre qui avait fragilisé notre relation d’affaire.

De ce fait, nous avons décidé de nous tourner vers Stomp Records et Matt était super enthousiaste de travailler avec nous. En plus, c’était un label sur lequel je trippais vraiment beaucoup quand j’étais ado et j’aimais plusieurs bands qui ont été sur leur étiquette. C’était donc un « natural fit » de travailler ensemble.

Cela dit, nous avons encore beaucoup de respect et d’admiration pour le travail que fait l’équipe de Slam Disques. Nous collaborons encore ensemble et nous nous côtoyons encore à l’occasion de certains concerts et Jessy reste un ami.

On qualifie de musiques festives vos chansons, elles le sont d’un point de vue rythmique, mais elles sont quand même très mélancoliques parfois torturées d’un point de vue textes, l’important pour toi c’est de faire danser, ou de te libérer l’âme ?

Je n’ai pas l’ambition de faire danser les gens en écrivant. Côté texte, c’est un peu ma manière de me vider l’âme. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi on qualifie notre musique de festive, mais d’un point de vue musical, je crois instinctivement composer des riffs qui ressemblent à Crash ton rock et j’aime écrire des chansons qui ont des mélodies fortes et un bon « hook ».

Crash ton rock, c’est trois albums officiels « Des rats parmi les loups », « Cheval de Troie » et « Volte Face ». Il y a toujours ce fil rouge de l’animal à travers ces albums. Est-ce que tu penses que dans la société actuelle il y a encore assez de place pour l’instinct justement, ou sommes-nous tous conditionnés ?

Je ne crois pas au conditionnement. On fait des choix volontairement. Ils sont soit réfléchis ou on les fait sans calculer leurs impacts volontairement. On peut choisir nos sources d’informations tout comme nous avons l’aptitude de les questionner. Il suffit d’avoir la volonté. Or, c’est justement cette volonté qui fait souvent défaut. La vérité c’est que nous sommes souvent lâches et paresseux et que peu de gens ont le courage de s’affirmer ou de questionner l’ordre établi.

Cela dit, c’est effectivement un choix artistique d’avoir choisi d’inclure des noms d’animaux aux deux premiers albums. Au départ mon objectif était de faire une trilogie avec les trois albums et d’en faire un « box set » . Volte-Face était en fait supposé se nommer « L’homme éléphant ». Mais comme le processus d’écriture de l’album a pris presque 5 ans et que la chanson du même titre a été écartée des chansons choisies pour l’album, le concept ne s’y prêtait plus vraiment et nous avons choisi de changer de direction artistique.

Bonne remarque !

Tu as mis en place un nouveau projet musical avec le groupe Brigue, peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ? Rassure nous, ce n’est pas la fin de Crash ton Rock ?

Brigue c’est un nouveau groupe où je partage le chant et joue de la guitare. C’est mon ami Mick qui faisait alors partie du groupe Stereomonroe qui m’avait signifié son intérêt de partir avec quelque chose de nouveau avec des membres de son ancien band Outdated. De mon côté, je n’avais pas l’occasion de jouer de la guitare avec Crash Ton Rock et j’avais le goût de nouveaux défis. Comme il y avait encore de la place avec eux, j’ai décidé d’embarquer.

On a enregistré trois chansons que nous avons lancées en début d’année sur un split avec le groupe français The Reverent Powell Orchestra sur l’étiquette PCT Musique. On souhaite enregistrer de nouvelles pièces au courant de l’hiver prochain et commencer à faire des concerts durant l’année prochaine (quand ça tombera plus tranquille avec Crash Ton Rock)

Mais ça ne signifie absolument pas la fin pour Crash Ton Rock. D’ailleurs, on prévoit d’enregistrer de nouvelles pièces cet hiver que nous espérons lancer l’an prochain.

ÉCRIT PAR : MARJOLAINE MANCASSOLA

Publié le juillet 28, 2018, dans Musique, Punk, Punk Folk, Punk Francophone, Punk Rock, Rock Francophone, et marqué , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. 2 commentaires.

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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