(Revue) Le Rockfest de LP – Première partie!

C’est avec une programmation de « retour aux sources » que l’équipe du Rockfest de Montebello nous conviait pour la 13e édition de l’emblématique festival. En effet, la programmation 2018 était beaucoup plus proche des éditions 2013-2014 suite à une réduction massive de formations participantes. Le festival réduit également le nombre de scènes, passant de 5 à 3 mais, contrairement aux éditons précédentes, il permet aux groupes internationaux de jouer dès le jeudi soir. Donc, le fait de mettre l’événement sur trois journées et de raccourcir la liste des groupes était, selon moi, la meilleure chose qui pouvait arriver au festival. Malheureusement, une fois rendus sur le site, nous remarquons que l’édition 2018 est victime de coupures majeures… En voilà le compte rendu.

Les contraintes budgétaires se font tout d’abord grandement sentir dû à l’absence d’écrans géants au bord de la scène principale. Les tours de relais situées à l’arrière de la console de son ont également été coupées. Donc, je dois dire que je n’ai pas vu grand-chose des têtes d’affiche et que le son était plutôt sourd en arrière de l’imposante foule. Car le nombre de festivaliers présents me semblait presque aussi grand que lors des éditions précédentes et concentré sur la scène principale suite au retrait de deux scènes. Nous pouvons aussi noter la réduction d’accès à l’eau potable, le remplacement de copeaux de bois par de la paille pour gérer les flaques de boue et une réduction d’agents d’accueil et de sécurité sur le site. Malgré tout, quelques bons coups ont été faits par l’équipe comme : l’ajout de tables à pique-nique à l’ombre, un accès facile aux différentes scènes du festival et, encore une fois, une solide programmation de groupes rock d’âges et de styles différents.

JEUDI

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Mon Rockfest débuta officiellement sur la scène Tony Sly avec le groupe punk-franco Les Bons à Rien qui nous ont présenté une réunion exclusive pour l’évènement. Malgré une foule peu nombreuse, ces vétérans de la scène underground Montréalaise nous ont offert une bonne performance avant de laisser place au ska de Mustard Plug. La formation, qui était une des seules du genre à se produire au Rockfest cette année, a réussi à faire oublier la faible pluie qui tombait sur Montebello. Les saguenéens d’Orloge Simard ont ensuite pris d’assaut la petite scène devant une foule de plus en plus imposante pour offrir leur rock grinçant et festif; une belle découverte!

Le rock local était mis de l’avant cette soirée-là car c’est Mononc’ Serge qui poursuivit la soirée pour sa 12e participation au Rockfest. L’oncle était sur place pour nous présenter sa nouvelle formule Rock inspirée de son plus récent disque, Révolution Conservatrice. Ce concept, qui fait suite au Serge Jazz Band, aux Accommodements Raisonnables et aux Sportifs, est inspiré d’une campagne électorale où Mononc’ est chef d’un parti aux promesses douteuses. C’est donc avec les pièces Révolution Conservatrice, Mon droit à l’incohérence et une version rock de Je ne voterai pas que le groupe ouvrit le bal avant d’enchaîner avec les habituels classiques : Fourrer, West Edmonton Mall, Hitler Robert…. C’est, comme toujours, Marijuana qui conclut le set, chanson phare pour la campagne électorale du parti révolutionnaire du Québec! Ensuite, premier changement de scène de la soirée pour aller rejoindre Les Marmottes Aplaties sur la scène Budweiser Prohibition.

En toute vraisemblance, la grande majorité des festivaliers se sont d’abord réjouis de la venue d’artistes comme Tenacious D, Dimmu Borgir ou bien Prophets of Rage. Pour ma part, ma plus grande joie lors de la conférence de presse fût l’annonce du retour sur scène du groupe culte Les Marmottes Aplaties. C’est entièrement vêtu de rouge que le trio québécois fit son apparition sur scène devant une foule clairsemée mais survoltée. Les Marmottes semblaient un peu rouillées en interprétant les premiers titres du set mais le tout s’ajusta rapidement grâce aux titres Caroline et Bagnole. Le groupe, qui n’a pas tant changé au court des dernières années (toujours la même voix juvénile), nous a fait revivre les belles années du punk local en interprétant leurs succès avec une touche de nostalgie. Les Pas Fins, Vanille, Tu Vas Danser… La plupart des titres attendus par les fans ont été interprétés avant de conclure avec l’hymne Détruire qui manquait, selon moi, un peu de puissance. Cette prestation exclusive fut tout de même à la hauteur de mes attentes, un autre spectacle au Festif! de Baie-Saint-Paul vient d’ailleurs tout juste d’être annoncé. C’est ainsi que se conclut ma première soirée de Rockfest laissant de côté les canadiens de Comeback Kid et de Propagandhi, ce n’est que partie remise!

VENDREDI

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Coup de théâtre du vendredi matin, la formation punk californienne Guttermouth est forcée d’annuler sa présence au Rockfest ainsi que tous ses autres concerts prévus pour l’été pour une raison qui nous est encore inconnue. Une bonne nouvelle vient tout de même panser notre déception : c’est nos amis de Morgan qui sont déplacés sur la scène principale en remplacement de Guttermouth! C’est donc après le concert énergique mais chaotique des filles des Horny Bitches que nous avons assisté au concert de Morgan annoncé par l’animateur Rej Laplanche. La troupe country-punk de Valleyfield devait être bien heureux de ce revirement de situation car c’est devant une imposante foule qu’ils nous ont offert les titres de leurs albums Get a Horse! et Morgan Deli. Un beau moment pour une formation punk locale. Ensuite, un petit tour sur la scène Tony Sly pour voir les québécois de U-Seed qui ont offert une performance plutôt timide devant une poignée de fans… Je vais tout de même essayer de les rattraper prochainement en salle, bon succès!

La plus importante quantité de festivaliers jusqu’à date se sont rencontrés pour le duo de punk celtique, Flogging Molly et Dropkick Murphys. Les apparitions conjointes des leaders du genre étaient jusqu’à maintenant plutôt rares en festival, faisant de cette annonce une belle surprise. Malheureusement, les groupes annoncèrent une tournée conjointe quelques jours après la publication de la programmation du Rockfest, diminuant l’effet de rareté du concert…Tout de même, cela reste une belle acquisition car les deux groupes ont offert de très bonnes performances; à commencer par Flogging Molly qui a débuté avec (No More) Paddy’s Lament de l’album Float avant d’enchaîner avec leurs nombreux succès, essentiellement tirés du disque Drunken Lullabies. Une foule un peu plus compacte et agitée était présente pour accueillir les Massachusettais de Dropkick Murphys, cette agitation par grande chaleur me força à quitter l’avant-scène pour me diriger vers l’arrière. Compte tenu du manque d’écrans et de colonnes de son arrière, je n’ai presque pas vu ni entendu la prestation d’un de mes groupes favoris, dommage.

Les annulations se poursuivirent avec le retrait de dernière minute des gars de Raised Fist. Un problème de douane, une histoire de drogue selon le groupe, aurait poussé le groupe punk hardcore suédois à repousser sa présence en 2019… Situation similaire pour le groupe Days N’ Daze qui a eu un problème de transport repoussant d’abord sa prestation à 1h30 du matin sur la scène Prohibition, pour ensuite être déplacée à je ne sais quelle heure devant l’église du village de Montebello. L’accès à l’information relative à ces annulations/modifications n’était pas évidente! C’est d’ailleurs grâce à des pages alternatives de Facebook que je compris ce qu’il se passait après près d’une trentaine de minutes d’attente devant la scène Tony Sly pour finalement manquer non seulement Days N’ Daze, mais également la majeure partie de la performance de Sum 41. Encore une fois, dommage…

La journée repris son cours normal avec la performance de Cannibal Corpse sur la scène Prohibition. Loin d’être mon genre favori, la formation de brutal death métal mérite d’être vue au moins une fois dans sa vie compte tenu de la solide performance du groupe et d’un mushpit d’une brutalité inouïe… Groovy Aardvark débuta sur la scène Tony Sly quelques minutes avant la fin de CB me forçant à piquer une belle course à travers le site de Montebello. Présenté comme l’un des plus grands groupes de l’histoire du rock québécois par Rej Laplanche, la troupe de Vincent Peake a offert une performance regroupant essentiellement des titres un peu moins connus du grand public. En effet, les spectateurs qui se sont déplacés – et puis, ils ont manqué Rancid – pour les chansons Dérangeant, Le P’tit Bonheur, Rowdy Road People, Ingurgitus et j’en passe… ont dû être bien déçus par les longueuillois. Par contre, Y’a Tu Kelkun et Boisson D’avril ont créé une forte réaction auprès des quelques fans présents. La performance se conclut par un très long jam de percussions auquel fût intégré le refrain d’Amphibiens, un peu long comme segment. Malgré tout, Rej n’a pas tort; la solide performance du groupe prouve qui s’agit bien d’un des plus grands groupes de l’histoire du rock Québécois.

Déjà avant l’arrivée des californiens de Lagwagon, nous pouvions voir sur scène l’énorme bannière à l’effigie du disque Let’s Talk About Feelings. En effet, la bande de Joey Cape a fait une « surprise » aux festivaliers en interprétant l’intégralité de l’album culte qui fête ses 20 ans cette année. Beau flash pour les grands fans du groupe, mais peut-être un peu triste pour les spectateurs s’étant déplacés pour les classiques. Quelques chansons ont tout de même été ajoutées à la grille (Island of Shame, Violins…), mais ce sont vraiment les 12 titres de Let’s Talk About Feelings qui ont été joués, légèrement dans le désordre. Une des demandes de Lagwagon était de jouer sur la scène Tony Sly en raison du lien d’amitié qui unissait le groupe au défunt chanteur. C’est donc sur Exit de No Use for a Name que la performance de Lagwagon se conclut – un peu avant le temps prévu – et par la même occasion, ma deuxième soirée du Rockfest.

La suite demain…

ÉCRIT PAR : LP

Publié le juillet 1, 2018, dans Événement, Death Métal, Festival, Musique, Punk, Punk Francophone, Punk Rock, Rap, Rock Alternatif, Rock Francophone, Rock Mélodique, Ska, Ska Punk, Spectacle, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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