Anti-Flag, un retour aux sources ?


  • ANTI-FLAG

  • AMERICAN FALL
  • [SPINEFARM RECORDS]
  • Année: 2017 // Genre: PUNK ROCK

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Anti-Flag fait partie des groupes qui m’ont formé au punk-rock. J’ai découvert ce groupe début des années 2000 avec le sampler inclus dans le magazine français Punk Rawk n°4 (Rock Sound RSH009, février 2000). Le titre Captain Anarchy composait cette compilation. Très vite, j’ai écouté d’autres morceaux de groupe de Pittsburgh puis des albums entiers comme Die for the GovernmentA New Kind Of Army ou encore Underground Network.

Ce groupe est devenu rapidement une référence du genre en ce qui me concerne. Plusieurs albums marquants parurent par la suite : Mobilize enregistré durant la période troublée du 11 septembre 2001 et sorti en 2002, mêlant des morceaux studio et des titres live à l’instar de l’album Their System Doesn’t Work For You, et en 2003, parut The Terror State.

L’album For Blood And Empire marqua pour moi un tournant pour Anti-Flag. En effet, cet album qui parut en 2006, sonna la fin du son « underground » du groupe de Pennsylvanie. Les chansons sont accessibles à un plus vaste public, moins rapides avec un son un peu plus pop rock. Ces changements de son firent que j’ai commencé à considérer les Flag comme un de ces groupes qui fut, mais ne sera plus.

Les albums suivants confirmèrent ma perception, The Bright Lights Of America (2009),  The People Or The Gun (2009), The General Strike (2011) et American Spring (2015) sont selon moi des albums qui manquent cruellement d’inspiration, les mélodies ne me sont pas restées en tête et j’ai eu énormément de mal à accrocher à ces galettes. Le chant gueulard de Chris#2 qui est au fur et à mesure plus présent, effaçant, de ce fait, le chant plus mélodieux de Justin, y est aussi pour quelque chose. Bref, toute cette longue introduction pour dire que je n’avais pas forcément envie d’écouter le dernier cru d’Anti-Flag.

Après avoir discuté avec des amis sur Facebook m’informant que le nouvel album des auteurs de Captain Anarchy reprenait les sonorités de Mobilize et de The Terror State, je me suis décidé à me lancer dans l’écoute de American Fall.

Le disque démarre en douceur avec la plage titulaire nommée « Amercian Attraction ». Je remarque d’emblée la production soignée du morceau, ça claque, le son est très bon. La mélodie du titre et surtout du refrain me reste en tête. Je retrouve dès les premières secondes d’écoute la puissance du chant mélo de Justin, ce qui n’est pas pour me déplaire. Après, le titre reste simpliste, peu rapide, mais cela sonne « Anti-Flag » malgré tout. L’espoir renaît en moi ! Le second titre intitulé The Criminals confirme mes attentes et démarre avec un petit riff bien sympathique à la I’d Tell You But… faisant naître en moi des souvenirs de For Blood and Empire. La suite du morceau se poursuit avec un refrain bien pensé et des « oh-oh-oh » invitant au sing along. Anti-Flag est de retour comme au bon vieux temps ! Enfin presque ! … Ensuite vient, le 3e titre qui débute comme le titre Turncoat pour laisser place à un morceau avec des sonorités ska. On retrouve Chris#2 au chant pour les couplets et l’ensemble du groupe pour les refrains. Bon, le titre est sympa, mais sans plus. Vite la suite ! Je remarque à ce stade que ces premiers titres ne sont pas hyper rapides, on ne dépasse que très rarement le mid-tempo pour garder un style assez rock avec des accents pop.

Arrive déjà la plage 5 et un titre me faisant penser à du Rancid dans les couplets. Là aussi, je prends vite connaissance des paroles et le refrain reste gravé dans ma tête pour le restant de la journée. Simple et efficace jusqu’ici, j’entame la seconde moitié d’ American Fall  avec l’attente d’avoir au moins un titre me rappelant ma jeunesse, les pogos-endiablés-où-mon-acné-perçait-pour-dégouliner-sur-les-épaules-des-personnes-dans-la-fosse et tout ce qui va avec ! Oui je sais, c’est dégueulasse… mais à l’époque Sum 41 balançait leur merde sur les murs de leur chambre d’hôtel ! Konseledise…

Et arrive la déception, plage 6, on a laissé le chant principal à Chris#2 pour un titre plus rapide, mais pourquoi ??? Je zappe rapidement ce morceau me rappelant tout ce que je n’aime pas chez Anti-Flag pour arriver au titre Digital Blackout. Ce titre sonne comme un clone du titre « Underground Network » avec moins d’inspiration. Bon, ça fait le boulot, mais la chanson ne me parle pas vraiment. Le texte me fait penser aux lyrics de  Red White and Brainwashed de l’album Die for your Government. C’est un peu réchauffé quoi… L’album continue sa descente vers un titre très moyen  I Came. I Saw. I Believed. La neuvième plage intitulée Racists redonne un peu couleur dans mon écoute, j’ai déjà dit que j’adorais le chant de Justin Sane ? Mais ne me redonne pas espoir pour autant, ce titre est bien trop lent à mon goût. « Throw It Away » confirme ma sensation de lenteur malgré une mélodie bien trouvée et chantée en grande partie par Chris#2 himself cette fois-ci.

Arrive déjà la dernière piste de cette galette, « Casualty »… et… c’est le coup de marteau qu’il ne fallait pas donner. Le début du morceau sonne carrément pop… Bon, je n’étais plus à ça près. Ce dernier titre reprend toutes les parties de la recette de l’album, une batterie en 4/4, des mélodies qui restent en tête, des oh-oh invitant au sing along, Justin et Chris#2 se partageant le chant … et c’est déjà terminé !

Concernant l’objet, l’artwork laisse place à toutes sortes d’interprétations. On retrouve des liasses de billets formant une tête de mort devant le bureau présidentiel américain. Mon interprétation personnelle est que l’argent et le président américain du moment sèment la mort. Bon, ok, c’est facile, mais je pense qu’on peut trouver d’autres messages, par exemple : l’argent mènera à sa propre mort ainsi que la mort du président américain. Tu ne l’avais pas vue venir celle-là hein ? Bref, j’essaie de masquer le fait que je ne suis pas fan de l’artwork à la tête de mort, cela est dépassé selon moi, mais chacun ses goûts. Les derniers albums d’Anti-Flag n’avaient d’ailleurs pas brillé par l’originalité de leurs pochette, c’est encore une fois le cas pour American Fall.

Au final, American Fall retrouve des sonorités proches des albums The Terror State et  For Blood and Empire avec un léger saupoudrage de Underground Network, mais malheureusement l’énergie en moins. Les chansons restent malgré tout en tête, les nombreux coeur vocaux et les paroles rentrant facilement en tête aident fortement à la mémorisation des mélodies et forcément des textes. L’objet en soi permet d’appuyer avec force le message que le groupe veut faire passer, les paroles des chansons sont comme d’habitude engagées et agrémentées d’une explication individuelle. Les images d’illustrations renforcent également les convictions mises en avant par Anti-Flag.

American Fall n’est pas un mauvais disque, j’ai pris pas mal de plaisir à écouter cette galette et à l’écouter encore et encore. Cela faisait longtemps qu’Anti-Flag ne m’avait plus fait écouter un de leurs disques à plusieurs reprises. Malgré les semaines qui défilent, je retourne encore avec plaisir y jeter mes deux oreilles. Néanmoins, le disque, selon mes goûts et pour me rappeler mes 15 ans, aurait pu être un peu plus rapide et un peu moins pop par moments.

ÉCRIT PAR : LAURENT

Publié le février 19, 2018, dans Musique, Punk, Punk Rock, et marqué , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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