(Entrevue) David Gonzalez chanteur de Public Outsiders


  • DAVID / PUBLIC OUTSIDERS

  • [INDÉPENDANT]
  • VILLE: MONTRÉAL // PAYS: CANADA

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Longtemps, l’idée de faire une entrevue avec David m’était trottée dans la tête, mais les occasions n’étaient pas au rendez-vous. J’admire la musique qu’il fait avec Public Outsiders et ses projets de cinéaste musical avec Thirdculture Collectif, parce qu’ils sont vrais et authentiques, ses projet d’Art. Après avoir pris trop de temps à me décider pour lui offrir cette entrevue, je lui ai donc finalement proposé une, en lui envoyant mes questions. Voici ce que cela est donnée.

1. Est-ce tous les mêmes membres de l’ancienne formation Press Tone qui se retrouvent dans Public Outsiders?

The Press Tones s’est formé en 2010, Jean-Michel et moi nous sommes joints à la formation en 2011, ce qui fait de nous les deux seuls membres de l’ancienne formation. Le band était déjà complet à mon arrivée mais, rapidement, le bassiste de l’époque s’est fait virer pour manque de sérieux et le lead guitarist est parti de lui-même après notre 2ème show (Je crois qu’il n’aimait pas ce qu’on faisait et maintenant il est dans un band signé par Slam Disque). Depuis 2012, la formation est demeurée à son plus stable jusqu’à tout récemment. On a essuyé deux pertes importantes : Carl (Drums – depuis 2010) et Alexis (Basse/Guitare – depuis 2012) sont partis de leurs propre gré avec respectivement de très bonnes raisons. Tout s’est fait dans le respect malgré le pincement au cœur que ces départs ont occasionné. On a tous eu ce petit « feeling » que c’était la fin d’un chapitre de notre histoire mais, comme Nathalie et René Simard l’ont déjà dit – et je cite – « Tourne la page »… Eh ben… C’est ce qu’on a fait et, depuis, Denis (guitare) et Vincent (drums) se sont joints à nous et sont maintenant des membres permanents du groupe. Je peux te dire qu’on est là pour rester, peu importe ce qui arrive, parce que la musique, c’est trop l’fun.

2. Qu’est-ce qui vous as poussés à changer de nom, il y a quelques années?

Quand j’ai intégré le groupe, le nom avait déjà été décidé, donc je n’avais pas eu la chance d’exprimer mon opinion et, honnêtement, je trouvais que c’était un nom à chier (Maintenant je peux le dire et ça fait du bien, haha!). En gros, j’ai laissé les choses aller jusqu’au jour où toutes les circonstances ont fait en sorte qu’on se devait de changer de nom. L’arrivé de Jean-Michel faisait en sorte que les nouvelles compositions étaient plus solides, punchées et donnaient une tournure plus Hardcore et Métal à notre style qui se voulait plus Punk et Hard Rock auparavant. De plus, des tensions se créaient avec un des membres, autant au niveau de la composition qu’au niveau personnel. Ça rendait la motivation à zéro, à un point tel que certains voulaient quitter le band, ce qui aurait causé la fin imminente du groupe. Aussi, en faisant des recherches sur Internet, on peut trouver trois ou quatre bands qui ont le nom The Press Tones, dont un qui nous a ramassé solide sur YouTube. On trouvait ça drôle mais ça m’a mené à réfléchir sur le manque d’originalité du nom. Public Outsiders m’est venu lorsque j’écrivais des paroles et c’était une illumination totale. À ce moment, j’étais un génie. J’étais tellement fier de mon idée que je l’ai proposée aux gars et je les ai convaincus – avec un peu de misère pour certains – mais ça a fonctionné. Depuis le changement de nom, on a réglé nos problèmes entre nous, on s’est recentrés sur l’avenir et maintenant on sait ce qu’on veut et où on veut s’en aller.

3. Les conflits intergénérationnel semble te fasciner dans vous précédent EP Welcome To Blameville?

En effet, ça me fascine, mais je dirais que ce qui me fascine le plus c’est le phénomène des « gens de banlieue ». Sans généraliser et sans blesser qui que ce soit, dans le EP « Welcome to Blameville », je pointe du doigt les quelques lacunes des communautés du type « banlieusardes ». Tout au long du EP, je raconte l’histoire d’un jeune qui ne veut plus se conformer à la société qui l’entoure et décide de voler de ses propres ailes. Malgré les épreuves qu’il doit surmonter, il garde la tête haute face aux critiques de ceux qui ne comprennent pas ses valeurs. C’est une façon métaphorique de dire qu’il ne « fit » pas dans le moule. On a tous ce genre de petite crise d’existence où on se demande « D’où je viens, où est-ce que je m’en vais, pourquoi suis-je comme ça, etc. » Alors, dans ces moments-là, on se révolte et on jette le blâme sur tout. Évidemment, les conflits intergénérationnels ont leur place dans Welcome to Blameville, mais aussi la xénophobie, le sexisme, les luttes entre les classes sociales et les enjeux interculturels, qui sont des sujets qui m’ont grandement inspirés. En effet, malheureusement, en 2017, on peut encore témoigner du manque d’ouverture d’esprit chez certaines personnes ou certains groupes, ce qui nourrit, selon moi, la haine et la peur de la différence des autres.

4. Doit-tu combattre avec toi même profondément pour écrire tes textes?

Oui. Je suis quelqu’un de plutôt réservé et nonchalant. Écrire des textes à saveur socio-politique me pousse à en apprendre davantage sur ce qui se passe dans le monde et mixer ça avec des expériences personnelles me permet de m’exprimer et me fait réaliser beaucoup choses sur moi-même. C’est la meilleure thérapie que je peux avoir. Ça fait en sorte que mon intellect reste sain.

5. Parle-nous un peu du dernier EP White Circle/ Black Cross, qu’elles en sont les sujets?

C’est un peu la suite logique de Welcome to Blameville, mais plus personnel. Comme tout le monde, j’ai des hauts et j’ai des bas, c’est ce qui m’a grandement inspiré. Ça m’arrive encore d’être confus dans mes émotions et ça fait partie de ma personnalité. Alors, je fais part de mon état d’esprit et de comment je peux me trouver « weird » à plusieurs occasions. Parallèlement à ça, je parle de la relation amour/haine que j’ai avec moi-même selon les circonstances de la vie. Sinon, j’affiche mon côté anarchiste/antifasciste en pointant du doigt la brutalité policière dans « Death on the Blvd. » et la désinformation/propagande de nos médias dans « Window to the World ». Ce sont des sujets qui me passionnent tellement que je ne pouvais passer à côté. Bref, l’aspect socio-politique reste très important au sein de Public Outsiders et le sera toujours.

6. Qu’est-ce qui vous avantage de faire paraître quelques EP plutôt qu’un album complet, mise appart le coût?

Je trouve que ça se présente bien, ça se partage bien et ça s’écoute bien. Surtout pour un groupe comme nous qui est un band de la relève – et on le sera peut-être pour toujours -, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas sortir du nouveau matériel. Il y a un aspect qui est important pour nous, c’est de rester actif. Alors, si on peut se le permettre et qu’on a assez de chansons, pourquoi pas?

7. Avez-vous fait des démarches avec des label avant de sortir votre dernier EP l’an dernier?

Non. On aime bien être identifié comme un groupe D.I.Y., ça fait plus Punk.

8. Que représente le mot hardcore pour toi?

J’avais 23 ans quand j’ai commencé à m’intéresser au Hardcore. J’ai 26 ans maintenant, donc ça reste encore très nouveau pour moi. J’ai toujours eu des influences Street Punk, Oi et même Pop-Punk, mais le Hardcore m’a beaucoup plus ouvert l’esprit sur le respect des valeurs des autres. C’est ce qui m’allume le plus dans cet univers et aussi le fait que ça soit « fast & loud ». À l’origine, j’étais bassiste dans un autre groupe et je trouve que la distorsion de bass des bands Hardcore est malade, ça me fait tripper!

9. Considère-tu que Public Outsiders soit une formation Straight edge?

Haha! Ce n’est pas la première fois qu’on nous pose cette question-là et ça me fait toujours rire. Sur scène, j’aime montrer que je suis un party animal et on est presque tous des amateurs de bière donc, automatiquement, on ne fait pas partie de ce mouvement, que je respect toutefois énormément.

10. Quel est la plus grosse difficulté que ton groupe a du franchir jusqu’à présent?

Trouver un drummer…

11. Crois-tu que la scène locale québécoise est individualiste dans l’ensemble?

Oui et non. J’imagine que ça dépend des gens, comme dans tous les domaines. Il y en a qu’on peut qualifier de « puristes », et ceux-là font en sorte que les choses n’évoluent pas dans la bonne direction et ferment les barrières créatives que peut apporter la musique. Mais je dirais que dans l’ensemble et de ce que je connais, les gens sont cool et on le sait qu’on le fait par passion et pour avoir du fun.

12. Quel est le plus gros spectacle auquel Public Outsiders ait participé?

Depuis plusieurs années, le Groupe d’Intervention Alternative par les Pairs (GIAP) organise un festival dans le centre-ville de Montréal. C’est un festival qui s’étend sur 3 jours avec un volet musical différent par jour incluant le Rap, le Folk et le Punk. On s’est inscrit, on a été choisis et c’était un des shows les plus fous. Il y avait vraiment beaucoup de monde, ça trashait comme des débiles tout au long du set, je demandais une bière et j’en recevais de tout le monde (j’étais choyé). Pour vrai, on a eu beaucoup trop d’amour de tous ceux qui étaient présent. Alors, on en a donné beaucoup en retour. Après le show, on se disait fièrement qu’on n’est pas si pire que ça, comme band. En plus, Pat (Bassiste actuel) était venu en tant que spectateur ce soir-là, il voulait voir comment on était sur scène avant d’embarquer avec nous dans le groupe. Je pense que c’est pour ça qu’il est dans le band maintenant.

13. Qu’est-ce qui se dessine dans l’avenir du groupe?

À court terme, du studio, des shows et quelques festivals. On a un projet qui se veut malade, je ne peux pas trop en parler mais ça implique nos chums de Aklaska de St-Hyacinthe. Sur scène, ces gars-là bûchent tout sur leur passage et en plus, ils sont fins. Ils nous ont proposé un projet qu’on ne pouvait juste pas refuser. À suivre… Sinon, je fais un featuring pour Scarfold, les gars les plus sweets de l’univers. J’ai vraiment hâte d’entendre le produit fini. À long terme, on prévoit du nouveau matériel. On veut juste pousser notre créativité au maximum et faire le plus qu’on peut en tant que band émergent avec les moyens du bord. Des idées, c’est juste ça qu’on a, il faut juste les mettre en pratique et prendre le temps qu’il faut pour qu’on soit 100% satisfaits. Comme je disais au début, on est là pour rester et on veut faire ce qu’on aime le plus, sans nécessairement en faire une carrière mais au moins profiter le plus possible de notre passion commune.

14. Quel message aimerais-tu laisser comme conclusion de cet entretien?

« La modération à bien meilleur goût » et « No means NO »!!

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le juin 27, 2017, dans Hardcore, Hardcore Métal, Musique, Punk Hardcore, Punkcore, et marqué , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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