(Chronique) Grimskunk – Fieltrip, le classique du moment!


  • GRIMSKUNK

  • FIELDTRIP
  • [INDICA RECORDS]
  • Année: 1998 // Genre: Punk/Rock Alternatif

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L’année 2017 marque l’anniversaire d’une des salles les plus significatives pour la scène «underground» montréalaise. En effet, la Coopérative du Café Campus souffle 50 chandelles cette année. Et pour souligner le tout, le célèbre bar situé sur la rue Prince Arthur nous offre une programmation qui saura plaire au fan de «moshpit» en nous avec la venue des Ékorchés (dernier spectacle à vie le 2 juin), de Mononc Serge et même un grand retour d’Arseniq33 (12 mai). Mais aujourd’hui, Barricade Punk vous propose un retour sur l’album Fieldtrip de la formation montréalaise Grimskunk, qui partagera la scène avec Capitaine Révolte le jeudi 30 mars prochain lors des festivités entourant le 50e du Campus.

Tout d’abord, une petite mise en contexte s’impose. C’est à Montréal, à la fin des années 80, que voit le jour le groupe alternatif Grimskunk. Issue des cendres de la formation street punk Fatal Illnes, la troupe composée de Franz Schuller, Joe Evil, Peter Edward, Marc-Boris Saint-Maurice et Alain VdBC nous propose un premier album en 1992, Autumn Flowers. L’album se veut un hymne à la marijuana et à sa culture populaire en adoptant une sonorité plutôt reggae, voire ska, flirtant également avec le rock progressif et, bien sûr, le punk. Boudée par les radios commerciales dû aux propos qu’elle tient, souvent tournés vers la consommation de cannabis, la troupe montréalaise parvient tout de même à percer le marché québécois grâce à un public fidèle et à la création de son propre label : Indica (nom provenant d’une sorte de cannabis). Les tournées et les albums Exotic Blend, Grim Skunk et Meltdown ont permis au groupe de faire mousser sa popularité, autant sur la scène locale qu’internationale. Par contre, c’est vraiment avec leur cinquième album que ces vétérans du rock québécois ont eu leur plus gros succès : Fieldtrip.

C’est dans une ambiance tout à fait psychédélique que s’ouvre l’album avec la pièce Mahmoud’s Dream. Restant dans la zone de confort créative du groupe, la chanson aux paroles incompréhensibles et aux accents de musique du monde donne le ton au disque : un heureux mélange de rock progressif, de musique latine et de punk. D’ailleurs, une explosion de distorsion vient s’abattre sur les dernières secondes de la première pièce, laissant place aux très punk rock Gotta Find A Way et Live for Today. Ces deux derniers titres nous rappellent grandement le son punk et ska populaire de l’époque; pensons à Sublime, à Less Than Jake ou même à NOFX. Et cette sonorité revient également un peu plus tard sur le disque, avec des pièces comme Lâcher vos drapeaux et la très rythmée Ska-se (Shut up!), interprétée par le chanteur des Vulgar Deli, Uncle Costa.

Toutefois, c’est vraiment avec le titre français Gros Tas d’Marde – qui fut le plus gros succès du groupe à l’époque (voire en carrière) – que Grimskunk marquent un rapport plus engagé envers la culture punk en s’affichant par leurs textes et opinions en faveur de la classe moyenne et plus modeste. «Même la vie humaine n’a plus d’importance, si y’a de l’argent à faire, on s’en balance», chante Franz Schuller, paraphrasant les hauts dirigeants financiers occidentaux. La génération Musique Plus de l’époque se souvient sans doute du clip qui tournait en boucle, permettant aux jeunes qui partageaient les mêmes idéologies de s’identifier au groupe.

Pour ma part, ce qui m’a le plus marqué sur Fieltrip, c’est le côté très festif de l’album. Grandement apportées par la très charismatique Shantal Aroyo, chanteuse du groupe Overbass, les pièces ¡Ya Basta! et La Pistolera amènent un son multiethnique et rassembleur bien populaire au milieu des années 90; je fais référence à Manu Chao et à la Mano Negra, par exemple. La pièce ¡Ya Basta!, ma préférée de l’album, se veut à la fois une balade et une chanson très rock, agençant très bien la guitare classique et électrique. Et pour la pièce La Pistolera, les influences d’Overbass sont grandement senties, ajoutant ainsi une touche métal à l’album.

En conclusion, nous pouvons dire qu’en proposant de nombreuses collaborations et en poussant le punk d’ici au-delà des frontières, l’album Fieldtrip occupe une place importante dans l’histoire du rock québécois. Espérons que bon nombre d’entre vous seront présents le 30 mars prochain pour voir ces légendes du punk local, maintenant composées de Franz Schuller, Joe Evil, Peter Edward, Vincent Peake (Groovy Aardark) et Ben Shatskoff. Sans aucun doute, ils offriront une prestation de feu, souvent agrémentée de plusieurs invités! D’autres chroniques entourant le 50e anniversaire du Café Campus vont également être rédigées prochainement.

Et vous, quel album de Grimskunk vous fait le plus triper?

1. Dimming the Light
2. Fox Hunt
3. Gotta Find a Way
4. Gros Tas
5. La Pistorela
6. Lâchez vos Drapeaux
7. Live for Today
8. Looking for Gabbio
9. Mahmoud’s Dream
10. Meltdown
11. Oh my God
12. Ska se (Shut the Fuck Up!)
13. Ya Basta!

ÉCRIT PAR : LP

Publié le mars 28, 2017, dans Hard Rock, Musique, Punk, Punk Francophone, Punk Rock, Rock, Rock Alternatif, Rock Francophone, Rock Progressif, et marqué , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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