(Entrevue) Noé Talbot, de la distortion à l’acoustique


  • NOÉ TALBOT

  • [SLAM DISQUES]
  • VILLE: MONTRÉAL// PAYS: CANADA

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Noé Talbot, l’homme qui ose traduire des chansons de grosses pointures américaines pour en faire un disques de reprises acoustiques francophones, une rareté québécoise dont le défi est relevé avec brio.

J’ai donc réalisé une entrevue par écrit avec Noé Talbot sur son nouveau disque, sa carrière musicale francophone et sur la scène tant québécoise que française. Je remercie Emma-Geneviève de Slam Disques de m’avoir permis de faire cette entrevue et par le fait même un gros merci à Noé d’avoir pris le temps de répondre aux questions. Place à l’entrevue!

1- Tu joues dans le groupe Fortune Cookie Club et aussi Col Rouge, mais qu’est-ce qui te pousse à faire en plus une carrière solo?

C’est venu, au début, parce que j’avais envie de faire plus de shows. Les boys pouvaient pas partir autant que je voulais en tournée, donc je prenais la route seul. Maintenant, c’est rendu pas mal ma vie. C’est une écriture beaucoup plus personnelle et différente quand on est en solo et ça me déplaît pas du tout. Je suis content de pouvoir jouer autant, c’est pas mal ma motivation #1 !

2- Depuis quand mijotais-tu l’idée de faire un disque de reprises acoustiques en français ?

Ça faisait un an que je travaillais là-dessus. Ça a commencé avec une tune, pis après y’en a eu une deuxième. J’y ai pris goût. J’en ai traduit un peu plus d’une trentaine puis j’ai gardé celles que je trouvais les meilleures.

3- Comment t’y es-tu pris pour convaincre les artistes de te laisser reprendre leur pièce?

Je n’ai pas eu à le faire haha ! Je l’ai fait c’est tout. Comme elles ne sont pas sur un CD physique, je n’ai pas de droits d’auteurs à rendre. (Anyway, j’en aurais pas à donner haha)

4- Quel était le plus grand défi du disque, les droits d’auteurs ou de traduire et adapter les pièces en français?

Traduire et adapter ! C’était assez tough pour vrai, mais j’ai trouvé l’exercice bien plaisant.

5- Quelle était l’importance de traduire et chanter les pièces en français?

On a une super belle langue avec des nuances différentes de celles de l’anglais. Des gens proches de moi ne comprennent pas bien l’anglais et je trouvais ça cool de rendre les textes accessibles. C’est un peu pour ça. Ça donne une deuxième vie aux chansons et je trouve ça génial.

6- Est-ce qu’il y en as une que tu affectionnes plus que les autres chansons sur ce disque?

Je dirais pas mal Substitute de Frank Turner et Vicious Circle de Millencolin. Ce sont des chansons que j’ai tellement écoutées que je connais les textes et leur sens super bien. Elles ont été plus faciles que d’autres à traduire justement pour ça. Millencolin et Frank Turner sont clairement dans les bands qui m’ont le plus influencé aussi.

7- La plupart des titres choisis parlent d’amour c’est voulu?

Pas vraiment. J’ai tenté d’en faire d’autres, je suis passé à deux doigts d’enregistrer ma version de « Idiots are Taking Over ». Le seul hic c’est que les textes en anglais « politiques » sont souvent beaucoup plus dur à traduire en français, parce que ça devient rapidement quétaine. J’avais « Not Your Savior » que j’ai tenté de faire, mais c’était quétaine aussi. Je sais pas, ça a tombé comme ça. Puis, je crois que l’amour et la vie en général ça se véhicule bien par l’acoustique et le politique, la rage, l’impossible, c’est plus facile en électrique. Mais après, ça c’est mon avis personnelle.

8- Planifies-tu de répéter cette galette sur un deuxième effort dans avenir proche?

Pas pour l’instant. La porte est pas fermée, mais c’est vraiment pas dans les plans. J’ai donné mon temps et j’ai plus trop envie de le faire en ce moment. Je suis bin plus dans mes tunes, je compte aller bientôt enregistrer un deuxième album, fac, c’est pas mal ma priorité.

9- Joueras-tu l’intégralité du disque dans tes futures prestations à venir?

Si on me demande certains morceaux, oui. Mais sinon, j’en plug souvent un dans mes shows, mais pas plus. Je suis pas trop un gars à covers. Sauf, Frank Turner a repris ma version de « Substitute » en français lors de son dernier show au Métropolis et il planifie le faire lors de sa tournée française. Déjà, ça c’est super cool et c’est une réussite !

10- Qu’est-ce que Noé Talbot pense de la scène francophone au Québec?

Hum. Bonne question. Je pense qu’elle n’existe plus trop trop. Ya beaucoup de gens qui poussent de certains côtés, d’autres qui essaient de tirer la couverte de leur bord. C’est souvent plate et d’autres fois génial. Personnellement, je crois pas qu’il y a vraiment une scène « francophone » à proprement parlé. Ya une scène qui mixe les deux langues. Moi, je fais mon chemin avec les gens que je trouve humains ici. Pas juste dans le punk. Je rencontre souvent des bands à qui j’ai absolument rien à dire et ça m’attire plus trop de faire le pont pour essayer d’aller à eux. Je crois que juste que comme les êtres humains, dans la scène, ya des gens géniaux qui sont amoureux de musique et d’autres qui espèrent juste être dans les projecteurs. Je fais un bémol ici, tout le monde aimerait être dans les projecteurs, mais y’en a que c’est ce qui anime leurs relations humaines et ça je trouve ça poche.

Fac, c’est pas mal ça. J’admire ceux qui font leur musique et persévèrent, se satisfont de chaque petite réussite. Peu importe le style, faut pas se limiter au punk. Y’en a beaucoup et c’est ceux qui seront encore là dans 5-10 ans. Puis, c’est une éthique/philosophie de vie que j’essaie de transmettre. Je vois que les mentalités changent et je trouve ça cool. J’aime beaucoup plus la scène en ce moment que ya 4-5 ans !

11- Tu vas beaucoup en France, est-ce qu’ils accueillent bien tes disques ou il y a une réticences face à ta musique ?

J’ai un super accueil en France. J’adore la scène là-bas. Je crois que la situation géographique et économique fait que ya beaucoup plus de gens dans la scène punk qui sont sur la même longueur d’onde : Esquiver la vie qui passe le plus possible et partir en tournée pour voir des gens, des sourires, se rappeler que ya du bien dans l’humain.

Les gens reviennent dans les shows en France. C’est cool de voir que les gens écoutent la musique, prennent le temps d’analyser les textes, etc.

Mais tsé, ya du bon monde partout. Ici comme ailleurs. Je suis toujours heureux d’aller là bas parce que les gens sont gentils et accueillants, ils prennent le temps de discuter. Le Québec est de plus en plus connu là bas et ya de moins en moins de questions idiotes du genre : « C’est vrai que vous faites du chien de traîneau l’hiver ? »

J’adore partager ma culture, la mélanger et voir ce qui émerge. La France m’influence et j’ose croire que pour certaines personnes, j’améliore un peu leur image du Québec !

13- Les mots de la fin?

« Je reste en vie jusqu’à ce que mort s’en suive » – Sameer Ahmad

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le février 26, 2017, dans Acoustique Punk, Musique, Punk, et marqué , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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