(Chronique) Vulgaires Machins, la nostalgie du début


  • VULGAIRES MACHINS

  • 24:40
  • [INDICA RECORDS]
  • Année: 1998 // Genre: PUNK FRANCO

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Comme la plupart des lecteurs de cette page, je l’avoue, je suis parfois nostalgique des années 90. Cette période du siècle dernier où notre musique favorite trônait au sommet des palmarès et où toutes les villes du Québec grouillaient de nouvelles formations en marge de la société pour faire trasher la belle province. Donc, pour se faire plaisir, Barricade Punk vous propose un retour dans le passé avec une revisite de 24:40, premier album d’un groupe phare de cette scène punk rock québécoise : Vulgaires Machins.

Tout d’abord, une petite contextualisation est de mise. C’est en 1995, au sommet de la popularité des groupes californiens tels que Green Day, The Offsprings et Rancid, que la formation de Granby voit le jour. C’est avec l’aide du nouveau label indépendant Indica, mené par Franz Schuller et les membres du groupe punk alternatif Grimskunk, que le groupe prend réellement son envol lors de concerts un peu partout au Québec. C’est ainsi qu’en 1998 nous pouvons trouver, dans les bacs des disquaires, le premier opus de la formation de la Montérégie, 24:40.

Pour débuter, l’album commence en force avec la pièce Faut pas s’leurrer, proposant une sonorité punk – voire ska par moment – grandement influencée par le son des groupes de l’époque (l’influence de NOFX et de Propagandhi est bien sentie). Cette pièce donne le ton et la ligne conductrice des 24 minutes 38 secondes qui vont suivre. En effet, si vous ne l’avez remarqué encore, l’album porte son nom dû au fait qu’il dure 24 minutes, 40 secondes. En ce qui concerne les textes, la piste nous rappelle grandement la révolte et le je-m’en-foutiste ressentis chez les jeunes de cette époque, quoique encore présente aujourd’hui : « J’ai bien tenté de me conformer, mais en vain je suis arrivé au comble de l’absurdité » chantent Guillaume Beauregard et Marie-Ève Roy.

Faut pas s’leurrer n’est pas la seule chanson du disque à revendiquer une sorte de révolte chez les jeunes. Nous pouvons citer les pièces Antidépresseur, Pesticide et Chanson à vendre qui font référence, parfois subtilement, à la culture de la surconsommation et du capitalisme. Mais c’est vraiment avec le texte simpliste, mais efficace de Les gens de l’Occident que la troupe de Granby nous montre son côté altermondialiste qui fut sa marque de commerce pour la continuité de sa carrière. Car, en effet, il est bien de mentionner que le premier album des Vulgaires Machins est beaucoup moins revendicateur que les albums qui le succèdent, comme Aimer le mal (2002), Compter les corps (2006) ou même Regarde le monde (2000) paru quelques mois plus tard. Mais ce que je préfère le plus dans 24:40 c’est sans aucun doute la bonne sonorité punk rock qui nous démontre que nous n’avons rien à envier à nos voisins du sud. À commencer par La rue Déragon; une chanson à trois accords super simple et complètement loufoque, grandement appréciée du public en show. Ensuite, la pièce La ballade des égoïstes, avec son introduction aux résonances ska et son texte rejoignant le « street punk » en nous, est ma préférée du disque, voire même de la discographie complète des Vulgaires. Et pour finir, comment passer à côté de l’hymne à la poudre blanche, Cocaïnomane, qui était la favorite du pit lors des nombreux concerts du groupe.

En conclusion, je crois que le premier opus des Vulgaires a marqué une nouvelle génération de groupes punk sur la scène québécoise. Avec comme prédécesseurs des gros noms tels que Grimskunk, Groovy Aardvark, Banlieue Rouge et compagnie, Vulgaires Machins a permis à des groupes comme MAP, Subb ou encore Extério de donner un nouveau souffle, à leur tour, à cette scène tant appréciée du grand public. Donc avec 5 albums, un CD-DVD live, un album de reprises acoustiques et des tournées qui les ont menés un peu partout à travers la francophonie, les VM doivent avoir un petit sourire en coin lorsqu’ils écoutent des paroles de 24:40 écrites il y a presque 20 ans, et je cite : « Je préfère rester pauvre et laid, et pour vous sans intérêt’’…! »

Et vous, lorsque la nostalgie vous prend, quelle formation ou quel album de la fin des années 90 ou du début 2000 vous a le plus marqué? Et quelle est la place de l’album 24:40 dans votre IPod ou bibliothèque CD?

1. Faut pas s’leurrer
2. La rue Déragon
3. Antidépresseur
4. Pistache
5. Trinitrotoluène
6. Pesticide
7. La ballade des égoïstes
8. Cocaïnomane
9. Les gens de l’Occident
10. Chanson à vendre

ÉCRIT PAR : LP

Publié le février 25, 2017, dans Musique, Punk, Punk Francophone, Punk Rock, et marqué , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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