(Entrevue) Émilie, entre la détente et la distortion


  • ÉMILIE / PUNK DÉTENTE

  • [INDÉPENDANTE]
  • VILLE: QUÉBEC// PAYS: CANADA

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13 ans à la barre d’une émission punk rock, ce n’est pas négligeable surtout dans la scène locale du Québec qui peut être parfois chaotique. Doublement impliqué, cette chère animatrice savoure parfaitement chaque moment passé avec passion et entraide dévoué. Une guerrière du punk qui façonne le paysage musicale de la vieille capitale.

J’ai donc posé quelques question à Émilie Plamondon de l’émission Punk Détente (sur Chyz 94,3 fm) lors d’une entretient par écrit. Elle en avait long à dire, de très bon mots pertinents et intéressant. Nul besoin d’en dire plus, laissons la place aux mots de cette fascinante animatrice. Merci Émilie pour le temps accordé.

1- Remémores nous un peu les débuts de ton émission qui a franchie la barre des 13 ans d’existence?

C’était à l’été 2004, un de mes amis, Patrice, animait déjà à CHYZ une excellente émission de punk/ska qui s’appelait les Surfers du dimanche. Comme j’avais déjà fait de la radio au secondaire et au Cégep de Ste-Foy et que ce média m’a toujours intéressée, j’étais allée assister à une de ses émissions et j’ai tout de suite voulu monter mon propre projet.

Au début, croyez-le ou non, je connaissais très peu le punk. Je connaissais bien sûr quelques albums de NOFX, No Use, Bad Religion et Blink + quelques petites chansons par ci, par-là mais ma culture était très limitée ( Tsé, mettons, je ne connaissais pas 88 finger Louie ou Randy…). Tout ce que je savais, c’est que j’aimais ça et que je voulais en entendre toujours plus! C’est au fur et à mesure de mes discussions avec des auditeurs et des bands que j’ai découvert énormément cet univers parallèle!

Au début, la technologie était peu développée en studio alors j’apportais ma grosse pochette de CDs hahha! Lorsque les gens me faisaient des demandes spéciales, je faisais une compilation de tounes sur des cd gravés pour l’émission suivante. J’ai aussi eu un Myspace. Les temps changent!

2- Ton émission est dédiée à quel type d’auditeurs?

Honnêtement, à tout le monde. J’ai des gros fans de punk rock qui connaissent à peu près tout, mais parfois, certaines personnes m’écrivent qu’ils aiment justement découvrir ce style et aiment mon style d’animation très relax. J’ai des auditeurs du Québec, de la France et de la Belgique. Tout le monde me fait découvrir des bands extraordinaires et j’aime redonner à mes auditeurs en apportant mes propres découvertes. Ça s’adresse aussi à des auditeurs un peu nostalgiques et ayant le sens de la communauté car même si, en 2017, tout le monde peut écouter ce qu’ils veulent n’importe quand, les gens sont super fidèles à l’émission et m’appellent ou m’écrivent. J’ai un crowd très régulier, je nomme le nom des auditeurs en ondes en passant leur demande spéciales. C’est magnifique. Ça fait comme une petite famille qui se rencontre le mardi soir.
Donc, l’émission s’adresse tant aux vieux fans qu’aux néophytes.

3- Et si on revient à tes débuts, croyais tu que l’émission aurait pris autant d’ampleur auprès de la scène à Québec?

JAMAIS. Je pensais faire ça un été, pour le fun. Au début, j’étais super gênée mais j’avais quand même beaucoup de plaisir. Puis, les bands ont commencé à m’écrire pour venir en entrevue et l’émission a alors vraiment pris son envol. Le premier band qui m’a contactée pour une entrevue, c’était CRANE, j’étais super honorée. Le 2ème band était… MUTE! Par la suite, j’ai pris de la confiance et je me suis taillée une place dans la scène locale en contactant les bands, en m’informant, en écoutant de plus en plus de styles différents, en allant davantage dans les shows. Avec les années, les bands d’un peu partout savent qu’ils peuvent m’écrire pour m’informer de leurs sorties d’albums, de leurs shows et que je suis toujours disponible pour des entrevues. J’ai aussi développé de belles collaborations avec des festivals, bookers, labels et je fais de mon mieux pour en parler à la radio, pour les promouvoir. Le tout bénévolement, bien sûr!

3- Justement, quel est ton avis sur la scène underground?

C’est ma 2ème famille. C’est une scène extrêmement riche ( ben pas monétairement, on s’entend hahaha) qui n’a rien à envier à la scène internationale. Les styles de punk rock sont diversifiés, les bands ont des messages intéressants à passer, les boyz ( et rares girlz) travaillent très fort et ont le souci de livrer du matériel de qualité. Je le constate en écoutant les albums et en allant voir les spectacles. Aussi, l’esprit fraternel est très présent, je sent une belle collaboration entre les bands, beaucoup de support mutuel. Je trouve aussi qu’il y a un regain d’engouement pour les shows uniquement locaux. C’est beau à voir, quand 4 bands underground ou locaux remplissent une salle. Je suis toujours pas mal émue de voir un band ou un artiste partir en tournée à l’étranger ou signer sur de plus gros labels, il y en a de plus en plus et ça me rend très fière.

4- Quelles sont les choses qui te poussent à t’impliquer autant dans la scène locale?

Mon amour de la scène underground, justement. Je vois tout le travail que les bands mettent dans leur musique, dans la promo, dans les shows. Je sais que c’est pas facile de payer ses frais de bands au Québec alors, j’ai envie d’aider à ma façon et c’est par le biais de mon petit radio show que je m’implique. Pis aussi, ben j’ai pas de mérite parce que j’aime ça, tout simplement. La musique de la scène locale me titille agréablement les tympans alors c’est facile pour moi d’en faire la promotion et d’être présente.

5- Combien de temps par semaine consacres tu à créer ton émission?

Je vais être honnête; pas beaucoup de temps. À la base, j’écoute beaucoup de musique mais avec les années, l’émission s’est mise à rouler toute seule. Les bands me nourrissent de leurs nouvelles, m’envoient leurs albums, les dates de shows alors c’est facile de pouvoir les annoncer. Le jour de l’émission, le mardi, je peux passer une heure ou deux à regarder les sites de nouvelles et je prépare mon contenu. Puis, pendant l’émission, les auditeurs font plein de demandes spéciales et j’improvise. C’est super plaisant!

6- Est-ce que Punk Détente a déjà dévoilé des gros scoops en onde?

En fait, pas vraiment. Je ne suis pas très orientée vers des scoops ou des choses inédites. Par contre, c’est arrivé souvent que des bands viennent en ondes annoncer de grosses nouvelles (faire partie d’un gros festival, une tournée à venir, un album à venir). Je laisse les bands annoncer leurs propres nouvelles en primeur, haha!

7- Approximativement, combien d’entrevues aurais-tu réalisé depuis le début?

Je dirais…. Environ 250 à 300 en 13 ans ( My GOD, je n’avais jamais calculé ça!). J’essaie de ne pas en faire plus que 2-3 par mois, car j’aime avoir des émissions purement musicales à travers. Mais les entrevues sont et resteront parties prenantes de mon émission. C’est super important pour moi d’en faire le plus possible. Il y a des périodes, surtout en début d’été, où c’est le gros rush, les bands sortent beaucoup de choses en même temps et je m’efforce pour tout couvrir. J’adore ça.

8- Ta meilleure entrevue à l’émission?

OMG, toutes mes entrevues avec Anti-Flag. Ce sont des gars très généreux qui adorent parler de politique et de leurs textes alors ça me rejoint beaucoup. J’ai un peu décroché de leurs plus récents albums, mais ça reste un band avec qui c’est extrêmement enrichissant de parler. J’ai adoré aussi jadis interviewer Strike Anywhere, pour les mêmes raisons. À part de ça, Joey Cape est toujours superbement sympa. Ahhhh! Et A Wilhelm Scream sont toujours très volubiles et intéressants également. J’adore parler de la vie de tournée avec eux. Et ils endurent tous mon anglais louche.

9- L’artiste ou groupe avec qui ça clique le plus quand il ou ils viennent à l’émission?

MAP et ses dérivés ( Charlie Foxtrot, Achigan…). Ce sont des gars tellement humains, qui aiment aussi parler de leur message, de leur démarche artistique. En plus, ils ont tellement de vécu que c’est facile de pouvoir parler de l’évolution de la scène et d’anecdotes du passé. J’ai même déjà chanté des chansons acoustiques avec Simon et Guité, il y a plusieurs années, live en ondes. Un beau moment.

Ça clique quand le band que j’ai devant moi (ou au téléphone) est motivé, qu’il croit au produit musical qu’il livre et qu’il vient transmettre sa passion en ondes. Avec une petite touche d’humour et de convivialité, ça donne toujours des entrevues intéressantes. J’aime moins quand le band vient seulement dire des niaiseries en buvant trop de bière.

10- Le meilleur spectacle que tu as vu l’an dernier?

Je pense que c’était Bigwig à l’Anti, en juillet. La place a presque explosé tellement c’était plein et énergique. J’ai adoré aussi mes week ends au Pouzza Fest ( et le show de Belvedere, WOW! Quel come back!), à Music 4 Cancer et Envol et Macadam. Je ressens toujours un sentiment de liberté totale lors de ces weekends, c’est précieux pour moi.

11- Est-ce que tu as un album coup de coeur en ce début d’année?

J’en ai déjà quelques uns. mon top, à date, c’est le nouveau Darko. Moi qui suis la plus grande fan de Skatepunk au monde ( oui oui ), je suis servie. J’ai aussi adoré le EP de Class of 86 et l’album de reprises acoustiques de Noé Talbot traduites en français ( concept génial, par un artiste très complet, à mes yeux).

12- Quels albums dans la scène locale attends tu le plus?

Dutch Nuggets, qui devrait paraître en 2017.
Frank Custeau ( Les Conards à l’Orange) en formule acoustique solo. Je l’ai vu live récemment et j’ai adoré sa personnalité et ses paroles.

Je reste à l’affût pour les autres sorties à venir.

13- Tu as un projet acoustique, tu peux nous en glisser un mot?

Je suis chanteuse et gazouiste (lol) pour 50 Shades of punk rock, avec mon bon ami Simon (guit, voix, gazou, harmonica, pis toute). On a pas loin de 300 covers punk rock acoustiques. On rend hommage à nos vieux bands préférés en adaptant leurs chansons à notre façon et on se promène un peu partout au Québec avec notre projet. Nous avons un hommage complet à No Use, un autre à Bad Religion et on monte actuellement un hommage à la scène québécoise. C’est une autre façon pour moi de me réaliser pleinement punkement parlant. PIs… ON VA JOUER AU POUZZA EN MAI!!!!!!!!!!

14- Rappelles nous où, quand et comment on peut entendre ton émission?

Tous les mardis soirs de 18h30 à 20h00 à CHYZ 94,3 FM et live sur le web au chyz.ca, ou sur podcast, quand vous voulez. Mais je conseille aux gens d’écouter live et de participer au show!

15- Pour combien de temps encore aimerais tu que Punk Détente existe?

Ben, ça va faire 13 ans en juin et je ne suis toujours pas tannée. Au contraire, je n’ai jamais eu autant de fun avec les auditeurs. Tant que le punk sera vivant, je serai là! J’ai 33 ans et je vise de pouvoir continuer jusqu’à AU MOINS 50 ans, malgré la vie qui va vite et le tourbillon du quotidien. Si j’arrête un jour, j’espère que quelqu’un d’autre prendra la relève, c’est certain.

16- La meilleur phrase pour la fin d’une entrevue?

PUNK TA FACE, Barricade! Pis continue ton bon travail pour la scène!

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le février 21, 2017, dans Punk, Punk Rock, et marqué , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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