(Entrevue) 16 questions à Valérie du Festival Montréal Ska


  • VALÉRIE / FESTIVAL MONTRÉAL SKA

  • [INDÉPENDANT]
  • VILLE: MONTRÉAL // PAYS: CANADA

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C’était un plaisir de faire cette petite entrevue avec Valérie l’une des figure emblématique du Festival Montréal Ska. Voici ce que cela a donné. Merci pour le temps que tu nous as accorder!

1- Comment a démarré l’idée de créer un festival ska à Montréal?

Ça fait longtemps que je suis impliquée au niveau de la production et la promotion de spectacles. Je faisais partie de l’équipe du punkzine PunkMeUp et quand l’organisation a cessé d’organiser des spectacles et de produire du contenu, mon amie et co-fondatrice de PunkMeUp, Catherine Marchand, et moi avons décidé de poursuivre l’aventure en se spécialisant dans le ska. J’ai toujours été une grande supporter de la scène locale et produire des spectacles est une façon d’aider et de mousser notre belle scène. Comme Montréal est un peu la « capitale » du ska au Canada, mais qu’on n’avait pas de festival ska on a décidé d’en créer un.

2- Est-ce que ça été difficile au début d’amener les gens à s’y intéresser?

Oui, et je te dirais que ce l’est à chaque année. Notre budget de promotion ne fait pas le poids comparé à Pop Montréal, le Festival International de Jazz, ni tous les autres festivals qui ont lieu à Montréal. Le « monopole » de l’affichage urbain aussi est un obstacle à notre développement (à Montréal il est interdit d’afficher sur le mobilier urbain de type poteau de téléphone par exemple et l’unique façon de faire est de passer par la compagnie Publicité Sauvage qui chargent plusieurs centaines de dollars pour afficher pendant quelques jours en ville). On a beau avoir des groupes extraordinaires, Montréal a une grande offre pour les mélomanes et il y a toujours beaucoup d’autres très bons shows en même temps ou autour du FSM.

3- Êtes-vous une grosse équipe derrière le Festival Ska de Montréal?

Non pas du tout. Cette année il y a moi et Alex Giguère (du groupe montréalais The Beatdown) qui font rouler le fest. Lorraine Muller (Kingpins) a toujours été derrière moi depuis les débuts du FSM. Les jours des événements on ajoute une poignée de bénévoles généreux qui reviennent à chaque année (porte, merch, load, runner, prod. assist, traiteur, etc). Sans eux ça ne serait pas possible! Il nous manque cruellement un coup de main pour notre street team et pour la promotion en ligne.

4- Est-ce pour une raison particulière que vous organisez toujours le festival en automne? Pourquoi ne pas le faire en été?

Oui, au début on voulait faire ça au printemps, mais l’organisation a été plus longue et plus complexe que prévu alors on a dû repousser à l’automne. Ça a toujours été clair pour nous que, l’été, Montréal est pleine de festival donc pas le bon moment. L’automne semble toujours convenir pour notre festival, retour à l’école, beaucoup de groupes font des tournées, il fait plus frais et on est pas en séries éliminatoires!

5- Cette année c’est la 7e édition, est-ce que c’est l’édition dont tu es le plus fière d’avoir organisée?

Dur de dire. La première année a été l’édition où on a cassé la glace, donc tout était plus gros et plus difficile. Cette année, j’ai vraiment quelque chose de spécial en ayant la chance de présenter le retour des Kingpins, ça c’est assez exceptionnel. Westbound Train sont un de mes groupes fétiches, je fais des road trip à Boston depuis 2007 pour aller les voir, et de les faire jouer à nouveau sur mon festival c’est assez spécial. Donc oui, cette année va être assez particulière. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, mais je souhaite avoir quelque chose de vraiment vraiment gros pour le 10e anniversaire du FSM… à suivre!

6- Es-tu contente de ton coup de ramener The Kingpins après une longue absence sur scène?

Et oui, ça c’est sûrement le meilleur coup du FSM depuis les débuts. Les Kingpins ont forgé la scène ska d’ici et d’ailleurs. Ils ont marqué toute une génération et ont débordé au-delà du ska: tout le monde connaît les Kingpins! Plein de groupes se sont formés dans leur traces et ont poursuivi la tradition instaurée par eux, les Planet Smashers, Gangster Politics, Undercovers, General Rudie, etc… Moi ça a littéralement changé ma vie! Je pense que bien des gens vont être contents de les revoir, pour un soir seulement!

7- Et comment est arrivée l’occasion de signer Westbound Train pour une prestation au festival?

Comme mentionné plus tôt dans l’entrevue, ça fait plusieurs années que je vais à Boston et à New York pour les voir. J’ai un peu organisé le FSM pour pouvoir justement faire venir des groupes que j’adorais (et qui méritaient d’être découverts!) à Montréal et pouvoir développer notre belle scène ska. Je suis devenue amie avec les membres du groupe et ai fait affaire avec eux ainsi que leurs différents groupes depuis près de 10 ans.

8- Es-ce que tu peux me dire trois bonnes raisons de ne pas manquer le festival cette année?

L’unique et exclusif retour des Kingpins; Westbound Train à Montréal; la soirée kick off dans une toute petite salle avec uniquement des bands de la relève et le dernier show de The Lost Ideas!

9- À quel type de personnes s’adresse le festival?

Ça, c’est la beauté du ska, ça s’adresse à tous les âges! Honnêtement, même les gens plus âgés aiment le ska, car ce n’est pas heavy du tout et ça met de bonne humeur. C’était très important pour moi de faire des shows accessibles aux mineurs, mais depuis deux ans on a dû arrêter de produire nos spectacles au Club Soda pour offrir quelque chose de moins coûteux et plus intime, mais aucune salle all ages de ce type n’existe à Montréal.

10- Les groupes locaux dans le festival, est-ce un attrait important pour le Ska Fest?

Très oui. C’est une des missions du festival. Offrir une plate-forme pour que nos groupes d’ici partagent la scène avec des grands noms du ska. On veut aussi créer et développer un réseau pour nos groupes d’ici. On veut les faire découvrir et souligner ceux qui avancent le plus durant l’année.

11- D’après toi, est-ce que la scène ska est trop mise à part des autres scènes?

Un peu, en fait le ska est présent et les gens aiment ça, mais ne savent pas que c’est du ska. Le ska est présent sur plein d’autres festivals tels que le Pouzza Fest, le Festival International de Jazz, le Festival Nuit d’Afrique, le Rockfest, etc. Autrefois on avait même une scène uniquement ska au festival de jazz! Ça s’appelait « les soirées toniques » et c’était vraiment incroyable. Je pense que l’accent n’est pas assez sur le ska et c’est pourqoui on a voulu faire un festival.

12- Est-ce qu’il y a assez de ressources pour la vivacité de la scène?

Bonne question, oui et non mais surtout non. On a des gens motives et impliqués qui tiennent la scène à bout de bras avec beaucoup d’amour. Je pense à Stomp Records, Fred Tremblay et Rude Mechanical Productions, etc. Mais il y a très peu de petits producteurs de shows et ils en arrachent. Ce n’est pas grâce au réseau culturel en place, mais bien à cause de bonnes personnes passionnées que la scène roule. Les groupes font ce qu’ils peuvent, mais ils ont besoin de promoteurs professionnels et travaillants. Il y a comme une coupure entre les artistes et le plus grand réseau incluant le circuit des « grands » avec la GAMIQ, la SODEC, les maisons de la culture et autres programmes qui ne sont pas accessibles aux petits groupes ou petites organisations.

13- Dans la vie de tous les jours, que signifie le mot « Ska » pour Valérie Desnoyers?

Hmm, je ne sais pas trop quoi répondre à ça.

14- Quel est le meilleur disque local et le meilleur disque international de ska/reggae que tu as entendu cette année?

Oh wow, j’adore cette question. Cette année honnêtement il n’y a pas eu des tonnes d’album, mais c’est clairement celui de The Beatdown Meets Hugo Mudie qui a capté toute mon attention, malade! quel album de fou! Les shows étaient sublimes! À écouter absolument. Sinon je dirais que The Brooklyn Attractors sont mon meilleur band découverte et leur album est sorti en 2014 et a gagné beaucoup de prix, c’est à découvrir!

15- Quel groupe que tu rêve de booker dans les prochaines éditions?

J’aimerais vraiment booker Stranger Cole. Si j’avais les moyens, ça serait clairement The Specials! Mais c’est très important pour moi de garder les shows accessibles, il y a trop de spectacles à 40 $… moi je veux garder ça autour de 20 $ donc certains groupes sont inacessibles.

J’aimerais faire revenir les Skatalites, j’aimerais aussi faire un show de seulement Dorreen Shaffer. J’ai plein d’idées!

16- Je te laisse le mots de la fin!

Un grand merci à toi de nous aider à faire connaître le festival. Tu es super fin, et c’est grâce à des collaborations comme ça qu’on a une belle scène. Merci!

ÉCRIT PAR : DESLO

Publié le septembre 30, 2015, dans Événement, Festival, Ska, Spectacle, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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