Des années 70 à aujourd’hui, le punk à Paris!

null

Dès le début des années 70, la France prend connaissance du mouvement punk à travers les magazines « Rock & Folk » ou « Rock News ». Dès le départ, des passionnés de punk vont s’informer, se réunir et monter des groupes de punk, à Paris notamment où la connexion avec les États-Unis et l’Angleterre est assez immédiate.

Les premiers groupes parisiens emblématiques commencent à se faire connaître. Il y a les incontournables Métal Urbain, formés en 1976, avec leur son gras et puissant qui se répand dans la capitale.

Issus de la connexion Londres – Paris qu’elle joué au tout premier festival punk londonien, on retrouve la formation Stinky Toys qui ne durera que trois ans (1976-1979), mais qui marquera les esprits avec sa fraîcheur.

Le groupe Guilty Razors chante sa rage aussi dès 1975 et se retrouve dans la salle de concert punk du moment à Paris, Le Gibus. L’attitude punk du groupe fera que son label retirera son 45T et détruira tout, surtout après la sortie du simple Don’t Wanna Be A Rich.

Les bases d’une bonne grosse scène punk parisienne avec ses groupes célèbres et ses concerts très suivis ayant été posés, les années 80 vont voir l’émergence de nouveaux groupes de punk qui s’engouffrent dans le mouvement !

Le groupe Oberkampf entre en tête des groupes les plus populaires de l’époque avec ses reprises de musique de variété française et également des sons qui deviennent des hymnes punks.

Pour l’anecdote, Oberkampf a fait une reprise de La Marseillaise en mode punk et certains trouvaient cela insupportables. Cela créera beaucoup de tensions entre le groupe et son producteur, qui détruira tout leur stock de 45T.

Au cœur de cette dynamique punk parisienne, le groupe La Souris Déglinguée va émerger. Ils seront adorés par les ultras punks de l’époque, membres de l’International Raya Fan club.

Abordant des thématiques diverses qui parlent à son public, le groupe fera aussi beaucoup de chansons reliées à l’Asie, comme sur le Viêt-Nam ou le Japon.

C’est au milieu de tout ce bouillonnement punk à Paris qu’émerge la sainte trinité du punk rock français avec les Parabellum, Les Béruriers Noir et les non moins connus Garçons Bouchers.

Les Parabellum se forment en 1984, leur nom vient de la devise latine Si Vis Pacem, Para Bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre) qui visait à dénoncer le nucléaire en France et dans le monde. Ils se sont rencontrés sur les marches de l’ANPE, l’agence du chômage en France. Leur premier EP sortit en 1984, intitulé On est gouverné par des imbéciles, donne le ton du groupe qui restera jusqu’à la fin. Parabellum, c’est aussi l’incontournable hymne punk Cayenne qui a traversé tellement de générations, les jeunes et les plus âgés en France connaissent tous les paroles, et cela a donné lieu à des live épiques.

Les Béruriers Noir aussi ont marqué le paysage punk parisien et français. Le groupe se forme en 1978. Un des tous premiers concerts des Béru se déroula sur un trottoir à Paris, car le gérant d’une boîte décida de ne pas les faire jouer dans son établissement. La police arriva, mais les punks protégeaient le groupe pour qu’il puisse continuer de jouer, le tout sous les gaz lacrymogènes. Leur authenticité est marquante, ils jouent dans les salles ou en concert sauvage, dans les squats et avec une rage jamais vue ailleurs autour de Paris.

Après de nombreux problèmes avec notamment des accusations de participations à des incidents à Paris, leur attitude antisystème fera qu’en 1989 ils décident de se « suicider » pour en finir avec le groupe, en donnant des derniers concerts. Ils rejoueront en 2003, se sépareront formellement en 2006. Ils ont laissé un héritage énorme à la France et leurs chansons, comme Salut à toi, sont devenues cultes et sont reprises par de nombreux groupes de punk.

Les Garçons Bouchers voient le jour en 1985, à Paris. Ils font un mélange de punk, de ska, mais aussi de musique typiquement française comme la musette, en y incorporant de l’accordéon, ce qui rend le groupe immédiatement populaire. C’est avec leur humour déjanté aussi qu’ils arriveront à être adulés dans les milieux punks, avec ce bel hymne à la bière.

Des groupes parisiens évolueront en toute
quiétude dans les années 90 et 2000 comme Guérilla Poubelle ou Union Jack.

C’est ainsi que le punk parisien a enclenché le mouvement punk, par sa simultanéité avec son apparition aux États-Unis et en Angleterre. Les premiers groupes ont posé les pavés de la route du punk à Paris, mais aussi en France et parfois en Europe. Ils sont véritablement les piliers du punk français qui ont évolué à Paris et qui ont eu cette capacité d’enrichir la culture française au cours des décennies. Tel le bateau sur le blason de Paris, le punk parisien s’est mis à flot, a ouvert ses voiles et s’est répandu partout, et l’aventure continue encore avec la relève des jeunes groupes !

ÉCRIT PAR: KRANK POMEK

Publié le août 16, 2015, dans Autres, Bad Ska, Collaboration Européenne, Punk, Punk Francophone, Punk'N'Roll, Rock, Rock Francophone, Rock Garage, Ska, et marqué , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :