(Chronique) Nada, faire tomber les muselières!


  • NADA

  • QUOI QU’IL ARRIVE…
  • [INDÉPENDANT]
  • Année: 2015 // Genre: Punk Acoustique

Aujourd’hui, j’avais comme mission pour ma critique de découvrir un band dont je ne connaissais aucunement l’existence. Étant une fanatique de groupes punks originaires de chez nous, j’ai été agréablement surprise par ma découverte. Leur nom… tout simplement, NADA.

Pourtant, le groupe en a long à dire sur leur dernier album intitulé Quoi qu’il arrive… Si vous êtes comme moi, une passionnée de textes engagés, vous y trouverez votre compte. Survolant sans détour des sujets comme la politique, l’immigration, la dépendance, la santé mentale, l’esclavage, la surconsommation, allant même jusqu’à la pédophilie, Nada est sans aucun doute le groupe qui n’a pas peur de dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas! On pourrait même dire qu’ils sont les cousins québécois de la fesse gauche de Bérurier Noir. Après un survol de leur album, vous serez peut-être vous aussi à même de faire le lien entre les deux groupes.

Une pièce qui m’a beaucoup marqué est sans l’ombre d’un doute, Hôpital psychiatrique qui met de l’avant la triste réalité de ce milieu où l’on préfère interner les gens qui souffrent au lieu de les aider réellement à se réhabiliter. J’en connais largement sur cette machinerie de clown, car ma mère elle-même y a déjà été internée, et pour être franche avec vous, ce que Nada prône dans ce texte est purement véridique. Une chanson qui nous rentre dedans et qui nous fait poser la grande question « qu’est-ce que la normalité… et qui sont-ils pour la juger? » Des « riffs » qui nous donnent le goût de lever le poing en l’air, de nous réveiller et de crier.

Côté musique, les boys ont une formule propre à eux pour composer des chansons. La preuve, sur la pièce La déchirure, on y retrouve le chanteur et la chanteuse qui forment un canon et les deux se mêlent agréablement bien. Une forme de composition avec laquelle ils sont très à l’aise, dans une rythmique bien sentie qui parle de l’immigration et de sa raison d’être.

Pour ce qui est de mettre au grand jour toutes leurs oppositions sur une mélodie plus punk-ska, la chanson À mort est une pièce très enivrante qui se résume bien en trois mots « paix, solidarité, fraternité ! » Trois mots sortis carrément de leurs plumes qui nous en disent long sur la vision du groupe. On y retrouve aussi sur plusieurs pièces, la voix rauque du chanteur qui s’harmonise très bien avec celle de la chanteuse, qui pour sa part, à son timbre bien à elle. Un peu feutré et par moment très nuancé comme sur la pièce Feu sacré qui est un vrai délice pour les oreilles.

Pour tous les fervents des rythmes punks qui rentrent à 100 000 à l’heure, la chanson Accouphène est une excellente chanson qui rentre « sur un méchant temps! » Une chose est claire, vous ne resterez pas de marbre!

Et comment parler des textes engagés sans ne pas faire mention de l’amour! L’amour de tenir une position, de défendre une cause… l’amour, quelque chose que l’on doit essentiellement protéger. Peu importe la forme, Nada nous démontre que dans les pires situations, il faut se tenir debout et ne jamais baisser la tête comme la pièce Conte de Fées nous l’indique. Une chanson superbe où les Montréalais n’ont pas eu peur de mettre cartes sur table pour dénoncer la violence dans les couples après un certain temps passé sur un nuage de mensonges.

Comme mentionné plus haut, les textes frappants sont de mise dans ce tout nouvel opus et Paradigme de la convoitise en est la preuve avec sa mélodie sublime qui dénonce la pédophilie. Une chanson qui nous accroche dès le premier couplet et qui nous fait voyager par son solo de guitare exécuté à la perfection.

Pour les fanatiques des chansons qui nous ramènent à nos racines et qui nous donnent le goût de festoyer, Parole de pêcheur vous donnera l’envie de lever votre verre et de partir à la pêche même si vous n’avez aucune canne à pêche. Tant qu’il y a de la bière, cette chanson brute, vous ne cesserez pas de la chanter jusqu’au lever du soleil!

Et maintenant, pour vous donner encore plus le goût de vous procurer cet album ingénieux, je vous conseille fortement d’aller écouter Carnaval Carnage, un texte coloré à souhait qui m’a fait penser aux Sales Majestés sur un son plus funk punk-ska qui vous donnera envie de gueuler « CARNAVAL! » au lieu de « Camarade! ».

Une formation qui a beaucoup à offrir au Québec, qui vous enlèvera les mots de la bouche et qui vous fera voyager au travers ses prises de conscience, celles des grandes questions existentielles qui nous tourmentent les neurones au quotidien. Quoiqu’il arrive… ils auront fait tomber les muselières.

1. En route vers l’abbatoir
2. À mort
3. La déchirure
4. Lotolobotomie
5. Hôpital psychiatrique
6. Le feu sacré
7. Acouphène
8. Conte de fées
9. Paradigme de la convoitise
10. Parole de pêcheur
11. Carnaval carnage
12. Démocracirque
13. Souillé par le sang
14. Un pas

ÉCRIT PAR : NINI TORNADE

Publié le juillet 28, 2015, dans Acoustique Punk, Punk, Punk Francophone, Ska, Ska Acoustique, et marqué , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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