Le punk à Montpellier, d’hier à aujourd’hui

Dès le début de l’apparition du mouvement punk dans les années 70, des groupes punks français se forment, notamment dans le Sud de la France, qui deviendront avec le temps des groupes qui ouvriront la voie pour de nombreux autres. Les pionniers du punk français ont débuté dans une ville avec un énorme réseau alternatif et punk : Montpellier.

A la fin des années 70, deux clans musicaux existaient : le Hard Rock et la musique alternative, avec les babas cool omniprésents. À l’époque, les membres d’OTH sont encore à l’école et écoutent Aerosmith, Iggy Pop et les Stooges. Ils reprennent certaines chansons en les jouant plus rapidement. Leur local étant dans les vignes, ils vivent leur musique entre eux en développant leur propre style. Leur premier concert, sur la fameuse place de la Comédie en épate plus d’un.

Selon Thierry Saltet, expert en punkeries de la région «La vitesse était saisissante, c’était furieux, plus teigneux même que le punk, de la sauvagerie à l’état brut». En 1981, le groupe organise un concert sauvage aux Halles Castellanes, en jouant des reprises de The Clash ou encore des Ramones en plus de leur compositions, frénésie qui fut arrêtée par la police au bout de 10 chansons. A partir de cet événement, le groupe n’aura de cesse de revendiquer l’obtention d’une salle.. C’est à partir de ce moment que l’apparition de squatts change la donne.

Toujours en 1981, les futurs Shériffs font leur premier concert sous le nom de Vonn. Ils jouent des titres anarchistes, avec une méthode légèrement bordélique et un gros style punk 77. Ce sont des fans d’OTH. Après avoir penché pour une orientation sixties dans leur musique, ils se divisent pour se reformer en 1984. Les Shériffs reviennent à leurs premières amours, le punk pur et simple, et sortent leur premier album Pan. Entretemps, OTH est propulsé comme le groupe punk déjà culte, depuis leur premier LP Réussite sorti en 1984.

Les Shériffs ne se tiennent pas bien loin d’OTH, et tous les deux sont soutenus par les fanzines et associations de rock alternatif. Le milieu underground diffuse leur musique partout en France. En 1991, Les Shériffs dépassent les maîtres et deviennent incontournables partout en France.

Pour l’anecdote, en 1984, les Shériffs devaient enregistrer un vinyle 25 cm avec Les Vierges, autre gros groupe montpelliérain. Les Shériffs ont demandé de l’aide à OTH car ils n’avaient plus de guitariste, et c’est Motch d’OTH qui est allé les aider. Malheureusement, le test pressing a été défectueux et il n’est pas sorti, mais c’est un enregistrement devenu mythique auquel les collectionneurs donnent une valeur inestimable!

C’est ainsi que, lancé sur ces grosses bases, le punk Montpelliérain va continuer de se développer dans les années 90. Le très remarquable et remarqué groupe Gilbert et ses Problèmes fait son apparition en 1994, avec des paroles toujours dans le vrai.

Dans cette optique de punk militant, qui met l’accent sur des chansons porteuses de messages, un groupe important en France s’est démarqué : Kamizol. Leurs chansons rejoignent des thèmes et des instrumentations saisissantes de pertinence, avec leur premier album éponyme qui a carrément percuté les esprits.

Les Molards ont également mis les mains à la pâte pour le punk engagé. Il se pointent en effet en 1995 avec leur style particulier et leurs chansons qui prennent aux tripes sur leur album Persiste et Saigne en 1999. Téléchargez la pièce Le meilleur des mondes, juste ici.

Que ce soit grâce aux groupes fondateurs du Punk à Montpellier et plus généralement en France, ou à ceux qui ont enrichi cette scène dans les années 1990, la route du Punk Montpelliérain après les années 2000 était ouverte à de nombreuses possibilités.!

Les épiques Leptik Ficus, certes formés en 1998 mais qui ont sorti leur premier démo en 2000 et leur premier album Sale Ambiance en 2003, ont inauguré le millénaire en mode punk de manière indélébile. On a également eu le plaisir de découvrir Pretty Johnny en 2006, un punk fougueux teinté de rock’n’roll qui s’inscrit dans la lignée de Guérilla Poubelle.

On peut également parler des tauliers de Fuck Facts, toujours aussi énervés contre le système, et qui rendent fière cette communauté punk locale.

Tout dernièrement, de nouveaux groupes punks se sont formés pour prendre la relève ou ouvrir d’autres voies du punk. On peut à cet égard citer Water Mane, Baise Ball ou encore En Un Seul Maux.

C’est ainsi que dès le début du mouvement punk dans l’Hexagone, les groupes ont commencé à se former à Montpellier, donnant les légendes du punk français telles qu’OTH, Les Shériffs, Kamizol ou même Leptik Ficus. On dit de Montpellier que qu’il s’agit de la ville où le soleil ne se couche jamais, mais c’est tout d’abord la ville où le punk ne meurt jamais.

Remerciements : Thierry Saltet

ÉCRIT PAR: KRANK

Publié le avril 22, 2015, dans Collaboration Européenne, Punk, Punk Francophone, Punk Rock, Punk'N'Roll, Rock, Rock Francophone, Rock Garage, et marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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