(Entrevue) P.O. Box, 15 ans de ska punk philosophique


  • P.O. BOX

  • [GUERILLA ASSO/LONG BEACH RECORDS]
  • VILLE: NANCY // PAYS: FRANCE

  • / /

Voici une entrevue avec le groupe P.O. Box réaliser vers la mi-février. 14 questions, a été posé au groupe et nous vous laissons découvrir ce qu’ils ont répondu. Si vous n’avez pas encore écouté le dernier disque de la formation F#RTH#R, laissez-vous tenter par notre chronique sur le site après cette entrevue. Bonne lecture.

1- Pour les non-initiés à P.O. Box, pouvez-vous décrire brièvement le groupe?

P.O. Box est un groupe de punk ska de Nancy, en France. On a fait nos premiers concerts en 2001, depuis on a parcouru pas mal de pays, de la Russie au Québec en passant par le Japon et à peu près toute l’Europe. Ça fait un peu plus de 666 concerts… On a sorti trois albums et deux EP, principalement.

2- P.O. Box a débuté fort avec de grosses tournées depuis 2001 (Europe, Canada et Japon). Aviez-vous l’expérience acquise dans d’autres groupes auparavant pour faire cela?

Pas vraiment, disons que Jay (guitare), Yul (trompette) et Seb (chant) sont des membres « fondateurs », et seul Seb jouait dans un groupe auparavant. Pour ce qui est des trois autres comparses, Joseph est arrivé l‘an passé au trombone, il a une formation au conservatoire. Julien, à la basse a toujours joué dans des groupes (son père est un ancien « guitare-héro ») et BAZ, notre batteur, a aussi évolué dans quelques petits groupes locaux avant P.O. Box. C’est vrai qu’en presque 15 ans d’existence, le groupe a dépassé de loin les attentes de chacun.

Avoir la possibilité de tourner autant, loin ou à proximité de chez nous a été une véritable chance. Mais ça ne tombe pas tout cuit dans la bouche. Tout ce que P.O. Box a accompli est le fruit d’un travail énorme et qui demande sans cesse de l’attention. Tout ça n’aurait pas été possible sans le taff énorme qui a été réalisé, surtout par les « vieux » membres du groupe. Pour les membres qui viennent d’arriver, qui galèrent ou ont galéré à tourner, à jouer sur des dates sympas avec leurs autres/anciens groupes, c’est quand même une putain d’opportunité d’arriver dans ce groupe et de pouvoir, presque sans effort, jouer dans des lieux ultra cool aux quatre coins du monde. Ce qui est sûr aussi, sans démagogie aucune, c’est que tout cela a été rendu possible par le soutien constant des fans, des copains et des promoteurs qui se bougent, souvent bien au-delà de nos espérances.

3- Et dans cette même année, quel est votre plus beau souvenir?

Il y a beaucoup de beaux souvenirs. Je me souviens que de fouler la scène du Groezrock, dans le genre, c’était pas mal. Encore plus quand le mec de Catch 22 vient te voir après le concert et se dit « impressionné d’une telle performance ». Là, c’est une forme de boucle qui se boucle. Jouer au Japon aussi, c’est grand, en terme d’émotion, surtout quand on y croise des gars de Suicide Machines… De toute façon, les beaux souvenirs, ce sont les rencontres et les rapports humains.

4- Vous avez côtoyé The Slackers en 2004. Comment c’était d’être avez les vétérans du ska?

C’était intimidant. Ils jouent tellement bien. Vic est particulièrement sympathique.

5- Vous allez fêter votre 15e anniversaire l’an prochain, à quoi peut-on s’attendre?

Une belle et grosse fête. On prépare tout ça tranquillement avec une énorme envie de faire quelque chose d’inédit. On a fêté les 10 ans avec un concert et un Ep/DVD un peu concept (en toute modestie). On voudrait faire un truc encore mieux. Mais les idées viennent au fur et à mesure. Reste à prendre une décision, à caler des dates et à kiffer tranquille.

6- L’aspect engagé, de dénoncer et d’apporter un message provocant, semble important pour vous?

Oui, tout à fait. Tant qu’à raconter des histoires, autant qu’elles servent à faire réfléchir. Après, comme on l’a dit à plusieurs reprises, on se sent engagés, mais on n’est pas militants, encartés quelque part. Le groupe en tant qu’entité n’appartient pas à une mouvance particulière. Les membres du groupe ont tous une vision différente des choses. On discute de tout et on se dispute parfois gentiment à propos de certains sujets. On est presque tous issus de milieux plus ou moins différents, avec des valeurs et des principes différents. Ce qui est sûr, par contre, c’est qu’on se retrouve sur les thèmes évoqués dans les chansons, qu’on partage cette même vision « universaliste et humaniste » du monde qui outrepasse les divergences politiques ou sociales des uns et des autres. Pour nous c’est aussi ça le punk rock.

7- De vos 14 ans d’existence, lequel de vos quatre albums êtes-vous le plus fiers d’avoir sortie?

Le dernier, toujours. F#RTH#R + le reprisage de InBetweenTheLines, l’avant-dernier, dans une version vinyle.

8- Le titre du dernier album F#RTH#R a un rapport avec la philosophie Ubuntu, si je ne me trompe pas?

Oui, c’est la contraction d’une expression, ou disons d’un proverbe : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », traduit en anglais, ça donnerait « Faster Alone, Further Together ». On y a ajouté les dièses, pour moquer les hashtag devenus le nouveau Graal…

9- En parlant de F#RTH#R, comment trouvez-vous la réponse des fans face à ce disque qui est quand même sorti depuis août 2014?

On a souvent parlé d’un retour aux sources du punk rock cuivré. Ça tombe bien, parce qu’après DETOUR(S), qui était moitié reggae, moitié punk, on voulait revenir aux fondamentaux, aux basiques : punk, cuivre, 15 chansons, 30 minutes, etc. Comme pour tous les albums qu’on a pu sortir, il y a des avis contrastés, majoritairement positifs heureusement. Mais c’est cool que chacun s’approprie l’objet comme il le sent, l’écoute et l’analyse en fonction de ses propres grilles de lecture et vienne nous en parler. Après, c’est sûr qu’un mec qui n’aime pas les cuivres va trouver qu’il y en a trop, qu’un mec qui aime le métal va trouver qu’il n’y a pas assez de solos de guitare. C’est aussi dans ces « confrontations » qu’on forge le caractère du groupe.

10- Comment se porte la scène en France, est-elle en santé?

Je crois que ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade.

La scène française, indépendante, musicale, est profondément inadaptée, des salles ferment chaque mois, le bruit doit se faire silence un peu partout, on se dirige de plus en plus vers les gros événements, et de moins en moins vers les petits concerts. L’évolution de la fête de la musique est le parangon de cette nouvelle donne. La scène punk rock en France connait des hauts et des bas, elle est cyclique. Pendant 10 ans elle a été drivée, à mon avis, par la force de frappe de Guerilla Poubelle et le boulot gargantuesque de Guerilla Asso et de Till, mais aussi probablement par un degré assez important de hasard. Entre 2005 et 2009, le punk rock avait la cote, à condition bien sûr d’être programmé sur les dates avec GXP. Ça n’enlève pas le nombre immense de groupes, de tous styles punk rock confondus qui existaient bien avant et qui ont continué à jouer et à faire exister la scène, probablement à un niveau plus souterrain.

Personnellement, je pense que ce qui fait le plus de tort à la scène punk rock en France, c’est la forte division au sein du mouvement. Je vais exagérer un peu le trait, mais les mecs qui écoutent du HXC n’iront jamais voir un concert de pop punk, les gars qui kiffent le ska, par contre, n’iront pas voir un concert de punk pock. Ceux qui aiment la oï n’iront pas voir un truc de punk reggae. Le pire, c’est que les uns et les autres se détestent presque. Cette musique est ultra codifiée, c’est un peu le piège et la force de ce courant musical. J’ai le sentiment qu’on a essayé, à notre échelle, de péter tous ces putains de clivages dans la musique qu’on fait et dans le message qu’on délivre. En tout cas, nous caressons cet espoir.

11- Est-ce d’une importance capitale pour vous d’être sur l’étiquette Guerilla Asso en France?

On est ravi de sortir nos CD chez Guerilla Asso. Comme on l’a dit plus tôt, ce label a, à mon sens, tiré la scène punk rock hexagonale vers le haut pendant toutes ces années d’existence. C’est presque devenue une marque, un gage de qualité d’appartenir à ce label.

12- Si vous aviez à tourner un clip avec une grande vedette du cinéma, qui serait-ce?

Romain Gavras à la réal’, Poelvoorde et Dupontel comme acteurs.

13- Croyez-vous qu’on a trop accordé d’importance au Charlie Hebdo?

J’ai l’impression que la question est mal posée… Non ?

14- Que ce passera-t-il pour P.O. Box en 2015?

Tournée en avril, on bosse sur un nouvel album, disons des nouvelles chansons, des projets, musicaux ou non, vont aussi venir ponctuer cette saison… Notamment Bastien (aka BAZ) qui enregistre des versions a cappella de nos groupes préférés (NOFX, Blink 182 ou encore No Use for a Name et Sublime ou bien encore une version symphonique de The Decline de NOFX qui va sortir début avril, et j’ai assisté à la prestation live début mars…. Ça va être ÉNORMISSIME.

15- Je vous laisse les mots de la fin:

« Si c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit », pensez-y quand vous serez sur Facebook la prochaine fois.

LIENS VERS D’AUTRES CHANSSONS:
To Drive To Fame
Y.M.W.C
Last Train to PAM

ENTREVUE PAR: DESLO

Publié le mars 16, 2015, dans Musique, Punk Rock, Ska, Ska Punk, et marqué , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :