(Revue) L’avant dernière soirée du Buckfest 14

Nous avons eu droit à une soirée incroyablement intime en cette avant dernière du Buckfest 14. Ici, intime pourrait également se traduire par « espace vital restreint ». Une masse incroyable de gens sont venus s’entasser dans ce tout petit bar pour fêter deux faits marquants de la scène punk locale: les 20 ans de Boulimik Foodfight ainsi que le lancement du EP des Ordures Ioniques, Kick la Cacanne. Précédés par Les Impuissants et Coup d’Pied Dans Face, on a eu droit à 4 « sets » de la mort qui ont maintenus le rythme dans le plancher de la première à la dernière note. Que du bonbon punk. Celui qui te donne l’envie de te garocher partout et de laisser sortir le méchant. Pas étonnant que la foule ait été complètement démentielle!

De style Crossover, la formation francophone Coup d’Pied Dans Face a cassé la baraque.  Je me trouvais près de l’avant de la scène lorsque le chanteur s’est pointé. La foule s’est approchée et aussitôt et je me suis mise à penser : « hum, je devrais m’en aller de là, je sens que ça va brasser ». À peine ai-je eu le temps de terminer ma pensée que le groupe nous « sacrait ça en pleine face ». Trop tard…la réponse a été immédiate. Je vous le dis, dès la toute première note j’ai été littéralement emportée dans un trash sans merci.

Après plusieurs minutes de lutte et de bousculades et minimum deux bières éclatées au sol par les collisions autour de moi, j’ai finalement réussi à sortir de cette machine infernale et à me trouver une place moins exposée au danger. Toutefois, du haut de mes 5 pieds, je ne voyais absolument plus rien de ce qui se passait. J’apercevais seulement l’énergie absorbée par les gens à proximité du trash, témoignage de la violence de l’activité qui s’y déroulait.  Avec cet atmosphère démentiel, j’avouerai ne pas avoir porté attention aux paroles, toutefois le vocal était juste et la musique excellente. Même à l’aveuglette je peux affirmer que ce groupe nous a offert une solide performance. Ça sonnait « tight », ça rentrait au poste et simplement basé sur la réaction de la foule, ils ont de quoi être fiers de leur prestation. Ils ont été littéralement percutants en ce début de soirée.

COUP D’PIED DANS FACE :

Viens ensuite Monsieur Starbuck, fondateur du Buckfest en chair et en os, et Les Impuissants. Avec une allure et des paroles minutieusement travaillées dans le but ultime de choquer, déranger et provoquer, le groupe se donne comme mandat de nous faire assister à quelque chose de plutôt hors-norme. Visuellement parlant complètement disjonctés, pour le peu que j’ai pu observer, j’avais l’impression d’assister à une pièce théâtrale style burlesque-porno-sadique. Les musiciens s’exécutent déguisés et maquillés devant des spectateurs entassés et l’activité de ces derniers variait en fonction des morceaux joués.

De façon générale, c’était je crois beaucoup moins violent que le groupe précédent, probablement le résultat d’un aspect visuel plus flamboyant. Leur style musical est également plutôt diversifié tout en restant à la base punk. Ils font voyager à travers plusieurs saveurs musicales et intensités différentes ce qui permet de prendre une petite pause. Je dois vous avouer que je n’ai pas réellement été captivée sans voir ce qui se passait. J’avais l’impression que le tout n’était pas complètement bien maîtrisé. Après plusieurs morceaux, un spectateur près de moi me lance soudain : « Vu que tu vois visiblement pas grand-chose, je vais te donner un scoop. Y’a un strip tease en cours sur le stage ». Je ne voyais rien de cette mise-en-scène, je ne voyais que la tête du roi (Starbuck) au loin. Je n’ai eu idée de la réelle situation qu’à la toute fin quand il a quitté la scène. En admettant, avoir oublié les paroles de la chanson lors du rappel, il a littéralement lancé le micro en exprimant un « Fuck off moi j’décriss » et a piqué directement à travers la foule pour aller rejoindre l’arrière-scène qui se trouve en fait à l’extrémité opposée de la salle. En se frayant un chemin, il est passé près de moi et j’ai enfin eu l’image complète de la tournure des événements… Une armoire à glace tatouée, face peinturée, qui a visiblement sué sa vie,  et ne portant qu’un string… un vrai chef d’œuvre pour les yeux!  Je suis donc allée me rafraichir les idées à l’extérieur le temps que le prochain groupe fasse son apparition.

STARBUCK ET LES IMPUISSANTS :

De retour à l’intérieur, j’ai vu une foule prête, prête à tout pour marquer le lancement du nouvel EP des Ordures Ioniques, Kick la Cacanne. Dès le début, V8, le chanteur, muni de son mohawk vert, envoute la foule dans un mouvement violent. On voyait que l’énergie relâchée par le trash était encore d’une très forte intensité, même après 2 « sets ». Les Ordures nous ont livrés une prestation d’enfer. Leur style punk rock avec un peu plus de « caractère », a gardé la foule en mouvement du début jusqu’à la fin de leur performance, et ce, malgré des paroles dénonciatrices d’un certain mal de vivre.

Les musiciens étaient vraiment « sur la coche ». C’était parfaitement exécuté malgré tout le mouvement qui se déroulait à quelques centimètres d’eux. C’est dommage que je n’ai pas pu observer le déroulement des événements, j’aurais aimé vous en parler davantage. Je vous invite d’ailleurs à lire la chronique de mon compatriote Deslo, qui a pu écouter kick la Cacanne en primeur et vous en faire une revue.

LES ORDURES IONIQUES :

Boulimik Foodfight se présente finalement sur scène pour leurs 20 ans. C’est quand même très respectable qu’un groupe perdure aussi longtemps. Le groupe punk hardcore a toutefois dû débuter le spectacle devant une salle moins remplie, avant que la foule ne sois complètement de retour de la pause qui a été visiblement allongée cette fois. Les gens sont revenus peu à peu et heureusement la salle était à nouveau pleine toutefois ce n’est qu’au milieu de la prestation que l’énergie est redevenue palpable.

Les musiciens ont vraiment démontrés un savoir-faire et une exécution sans faille et ils ont gardés les spectateurs en haleine jusqu’à la toute fin. Ils ont brillamment rempli la mission qu’ils se sont donné de nous  « faire de la toune qui torche en sale!!! ».

BOULIMIK FOODFIGHT :

Je comparerais la quantité d’énergie relâchée par la foule lors de cette soirée à celle de l’explosion d’une bombe atomique. Non mais sérieusement, j’ai rarement assisté à des trash aussi violents. En jumelant ces 4 formations le même soir dans un endroit aussi restreint, la production avait forcément prévue être à l’étroit mais peut-être pas autant. Malgré la témérité des « trasheux » aucun accro n’est survenu et la soirée s’est très bien déroulée. Bravo à la production ainsi qu’aux groupes, excellente soirée!

ÉCRIT PAR: MEL LECLERC

Publié le mars 3, 2015, dans Événement, Festival, Hardcore Crossover, Hardcore Crossover Francophone, Punk, Punk Francophone, Punk Hardcore, Punk Rock, et marqué , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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