(Entrevue) Millsted : punk québécois et new-yorkais, même combat


  • MILLSTED

  • [INDÉPENDANT]
  • VILLE: NEW YORK// PAYS: ÉTAT-UNIS

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Salut ma gang de punkeux et punkeuses! J’espère que vous êtes aussi allumés que je le suis en ce moment? Non, non, je n’ai pas abusé de certaines drogues dures, j’ai simplement sécrété mes hormones musicales en auditionnant un groupe que je viens de repérer via Twitter… encore!

Un groupe très indépendant de New York qui démontre qu’il n’y a pas qu’au Québec que la musique que nous chérissons tant (punk rock) est difficile à percer afin de soutirer un salaire convenable. L’orchestre en question se nomme Millsted… Une formation qui gambade dans les boîtes « underground » de New York depuis 2003.

Du noise punk hardcore criard, ce n’est pas pour toute la société punk, mais je vous suggère fortement de parcourir l’entrevue puisqu’il y a plusieurs points qui vous interpelleront! Je vous laisse avec Christopher Carambot, le guitariste principal de Millsted, qui a pris la parole pour le groupe afin de répondre à ma panoplie de questions!

1- Qui a fondé Millsted? Et quel était le but au départ?

Kelvin Uffre (chanteur) et moi avions lancé le groupe en 2003, avec le but de faire quelque chose de différent. Nous n’étions plus bien avec nos anciens groupes respectifs… Bref, en lançant Millsted, nous n’avions vraiment aucune idée de ce que ce serait 12 ans plus tard. Pendant ces années, nous nous sommes développés comme musiciens et ç’a été tout un « trip » !

2- Votre musique est un sous-genre de punk hardcore… À quel groupe connu vous comparez-vous? Dans le fond, vos principales influences? 

Pour moi, le punk rock signifie beaucoup de choses, il n’est pas juste de la musique rapide. Je veux dire, je considère Tom Waits plus « punk rock » que la plupart des groupes qui mettent ce « tag » à leur musique. Pour répondre à ta question, nos influences sont très larges. Nous adorons des groupes comme The Ramones, Bad Brains, Black Flag, Fugazi… Sans oublier que le métal, le vieux rock des années 60, le soul, l’alternatif rock des années 90 nous influencent beaucoup aussi. Et dernièrement, j’ai plongé dans un « trip » de jazz!

3- Si je vous demande le moment le plus marquant de votre carrière? Et le pire?

Pour moi, il y en a 2 qui me viennent à l’esprit… Nous avons fait un spectacle, au maximum de sa capacité, au CBGB’S, 2 mois avant sa fermeture. Quand tu grandis à New York, le CB est un point de repère pour les musiciens undergrounds… et d’avoir eu l’honneur de jouer avant sa disparition, ce fut mémorable. Le 2e, c’est la sortie de notre premier album « Umm Yea… ».Nous avons tellement bossé durs pour cet accomplissement!

Le pire, c’est de ne pas avoir eu la chance de terminer et de sortir « correctement » notre 2e album, en 2009. Nous l’avons mis en veilleuse, mais nous aimerions le mettre en marché (de nouveau) dans sa bonne forme, en 2016.

4- Avec quel groupe populaire auriez-vous aimé faire une tournée?

Je vais parler pour tout le groupe et je vais dire The Deftones. Nous adorons tous ce band!

5- Votre dernier album (Harlem), et le dernier de Millsted (?), est-il le plus accompli? Comment décrivez-vous ce dernier album?

C’est certainement le plus accompli! Ça nous a pris 3 années avant de le lancer, mais lorsque nous avons entamé le tout, nous avions plusieurs objectifs en tête et c’était d’en faire un album bruyant, lourd et plus agressif que possible. Chaque chanson à un sens « organique »… C’était rapide et amusant à écrire, mais nous aimons vraiment le résultat final.

6- Parlant du dernier album, qu’est-ce que vous voulez toucher avec la vidéo de la chanson Coyote? Vous semblez avoir un message à livrer, je me trompe?

La chanson parle des « dealers » de drogue et des « border » jumpers (immigrants). La vidéo démontre que c’est facile pour n’importe qui de faire rentrer de la drogue en Amérique, mais tu dois t’attendre à te faire chier avec les « dealers »! D’où la décapitation à la fin de la vidéo.

7- Vous avez traîné dans l’underground pendant plusieurs années, y a-t-il eu un élément qui vous a sorti de l’underground?

C’est très « hard » de sortir de l’underground dans ce type de musique, c’est beaucoup de travail de parvenir à en vivre. Toutefois, nous avons toujours livré de la musique (et des textes) de qualité afin de faire réfléchir les gens et ressortir du « carcan » standard. Essayer de percer vers le grand public est difficile sans compromettre certaines choses… Nous avons longtemps essayé, mais à la fin, ce n’était plus possible.

8- Vous êtes ensemble depuis 2003… et le groupe se séparera prochainement? Les principales raisons de ce divorce?

Eh bien, nous étions rendus là! Lorsque nous avions décidé de faire un autre disque, nous savions que notre temps « personnel » était limité et nous voulions vraiment entrer dans le droit chemin. Certains d’entre nous ont des familles et d’autres objectifs de carrière. Nous ne sommes plus dans la vingtaine, il est plus difficile de s’engager à temps plein dans un groupe « underground »… On ne met pas de la nourriture sur la table avec ça! On avait juste envie de prouver quelque chose à nous-mêmes!

9- Avez-vous préparé une tournée d’adieu avant de vous séparer officiellement?

Nous n’avons rien au programme! Pour l’instant, nous n’avons pas de demandes… et les finances nécessaires pour faire une grosse tournée! On va jouer quelques spectacles dans la région de New York, sans plus!

10- Une question qui me chicote… Le Québec, est-ce que ç’a déjà été une destination possible pour vous?

Je le voulais, Jeff! Le batteur (Pete) et moi pensions prendre la route vers l’Amnesia Rockfest, mais nous ne pouvions pas le faire, malheureusement!

11- Quels sont les projets des membres du groupe? J’imagine que vous n’allez pas abandonner la musique?

Je suis certain que Kelvin (chanteur) va sortir un autre album solo après le divorce officiel. Rob (Robert Dume/guitare) travaille déjà sur sa carrière de photographie et de cinéma. Pete (Pete Belloli/batterie) est allé de l’avant avec sa carrière de gestion des finances. Sam (Samuel Fernandez/guitare) et moi serons les meilleurs pères que nous pourrons être. J’ai aussi une petite entreprise que je souhaite développer dans le futur. Puis, j’ai aussi des petits projets musicaux avec des amis.

12- En terminant, vous dîtes quoi aux jeunes musiciens qui veulent percer dans l’underground du punk hardcore?

De faire plein plein de tournées! C’est notre plus grand regret! Dans l’industrie d’aujourd’hui, c’est avec les tournées que tu peux amasser des fonds. Être sérieux et pratiquer au maximum comme des militants. Vous ne ferez que croitre comme musicien si vous pratiquez religieusement. Nous, nous pratiquions 3 jours par semaine, au moins 6 heures, et ça nous soudait vraiment solide.

Voilà! J’espère sincèrement que vous avez apprécié! Si l’envie te pogne d’encourager ces maudits bons gars, tu n’as qu’à naviguer sur leur site : millsted.com.

ENTREVUE PAR: JEFF DROUIN

Publié le février 27, 2015, dans Noise Punk, Punk, Punk Hardcore, et marqué , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. Laisser un commentaire.

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