(Revue) Buckfest soirée numéro 2

Samedi soir dernier a eu lieu la deuxième soirée du Buckfest 14 où j’ai eu le plaisir d’écouter et d’apprécier quatre excellents groupes de la région de Montréal et des environs. À mon arrivée au bar l’Escogriffe sur St-Denis, j’ai d’abord été surprise par la petitesse de la salle. Toutefois l’ambiance y était très agréable, un peu style taverne : du bois, des briques, un piano, un chevreuil et un bar.

La musique d’ambiance était très décontractée et propice aux bonnes discussions entre amis. La scène, d’une hauteur d’environ six pouces, nous laissait déjà présager un show très intime. Je me questionnais toutefois sur les tournures potentielles qu’allait prendre l’événement, car il n’y avait que très peu de gens présents à ce moment. C’est alors que la soirée débuta…

Le trio de Scrap débarque sur scène avec son punk rock magané. Ce sont des paroles « garochées » au micro et une rythmique de bon vieux punk rock accompagnée d’une ligne de basse à tout casser qui ont déterminés sans détour le ton de la soirée. Les gens ont commencé à débarquer pendant qu’ils jouaient et le chanteur n’a pas manqué de leur souhaiter la bienvenue en ajoutant des petites remarques du genre : « Hey, c’est vraiment nice, y’a de plus en plus de gens après chaque toune! ».

Entre chaque chanson, les membres du groupe se permettaient quelques remarques, entre eux, souvent «bitches», ou alors qui interpellaient la réaction du public. Ils n’avaient pas peur d’admettre leurs erreurs et de reprendre un début de chanson au besoin. Bref, ils étaient très à l’aise. Malgré que les gens ont constamment tapé du pied ou bougé la tête sur le rythme, les chansons Jamais trop tard (une nouveauté que vous ne trouverez pas encore sur Internet) ainsi qu’une reprise francisée de la chanson Bob, de NOFX ont suscité de plus fortes réactions. Frank, guitariste-chanteur, n’hésitait pas à venir se mêler à la foule avec sa guitare quand il le pouvait et, pendant ces moments intenses, il passait très près de se « péter » la tête aux poutres du plafond. Ils ont livré une solide performance!

SCRAP :

Après une petite pause, c’est le groupe Bangerang qui a emboité le pas. C’était ma première expérience, je ne les avais jamais vus, ni entendus. Les gens continuaient de débarquer et l’endroit commençait à être dûment rempli. La scène était entourée d’une masse d’autant plus importante, présage d’une bonne performance. Le bassiste nous sort la première note (en fait, il nous l’a crié bien fort). WOW! J’étais déjà emballée.

Au début, les gens massés à l’avant de la scène étaient attentivement plongés dans leur écoute tandis que les gens au fond de la salle semblaient passer une excellente soirée. Au fur et à mesure que la performance se déroulait, on voyait que plusieurs d’entre eux étaient maintenant absorbés par la musique, et que dire de ceux près de l’action, ils avaient une rude envie de bouger!

Le groupe passe par plusieurs styles à travers leur punk afin de stimuler la foule. Ils ont même intégré un petit riff disco pendant lequel Ludo nous a sorti un solo d’enfer. Les transitions entre chaque morceau étaient très bien exécutées, l’interaction avec la foule était parfaite, le professionnalisme et le charisme des musiciens étaient au rendez-vous et le bassiste nous a donné droit à une réelle dévotion pour faire de ce spectacle un succès. J’étais littéralement émerveillée. À la fin de leur partie, j’en aurais demandé encore, et encore…

BANGERANG :

Ensuite, réelle excitation intérieure en cours, The Horny Bitches se préparent sur scène. J’avais déjà écouté leur marchandise sur Bandcamp et j’étais déjà fan de leur sonorité « raw » (comme dans « punk rawk »), mais je n’avais jamais assisté à une prestation live. Près d’une centaine de personnes était alors présente dans ce minuscule endroit et la majorité fixait les musiciennes en attendant leurs premières notes.

Dès le début, on a senti que le tout était très bien maîtrisé et l’attitude des musiciennes entre elles dénotait une excellente complicité. La foule était vraiment « dedans », bière à la main, sous les ordres des demoiselles qui ne cessaient de quémander à boire. J’ai compris à ce moment que les filles n’étaient pas reconnues uniquement pour leur musique, mais aussi en grande partie pour leur attitude.

Leur prestation était parfaite et ce malgré un petit problème technique qui nous a donné droit à une reprise d’une chanson de Marjo à la sauce Bitches. Avec un rythme d’enfer et des voix pour le moins surprenantes aux yeux du commun des mortels, j’avoue personnellement avoir eu par moment une fixation pour la batteuse. Dieu qu’elle torche! Je l’adore. Les Bitches suppliaient la foule de faire un trash en scandant : « vous êtes pas prêts », mais malheureusement le trop grand nombre de gens et la disposition de la salle ne le permettaient pas vraiment. Un trash s’est manifesté pendant les dernières pièces. Les gens n’en pouvait tout simplement plus de se retenir.

Les demoiselles n’ont pas pu quitter la scène sans un rappel et, petit clin d’œil, cette fois-ci c’est elles qui n’étaient pas prêtes! En résumé, leur show semblait vraiment bien rodé (témoignage sans doute de leur expérience non seulement au Québec, mais partout à travers le monde). Les transitions étaient parsemées de jurons, d’insultes et de bitcheries auxquels la foule avait bonne réponse avec le sourire aux lèvres, les livraisons de shooters ont déferlé jusqu’à elles tout en faisant leur plus grand bonheur… L’ambiance parfaite pour un vrai show punk rock, quoi! Je recommande à quiconque de se déplacer pour les voir. Elles n’ont d’ailleurs pas manqué de faire savoir que leur prochain spectacle à Montréal se déroulera en mars.

THE HORNY BITCHES :

Finalement, le clou de la soirée, en tête d’affiche, nul autre que le Skieur Fluo et sa bande! Celui-ci s’est présenté sur le stage en faisant une petite parade de mode en attendant que la foule revienne de la pause cigarette. Mais quel homme ce skieur! Avec des fringues à couper le souffle et une allure de mannequin réputé, il nous a fait une très belle parade. Doueski, son ami imaginaire, ainsi que son père, Richard Simard, sont venus l’accompagner pour une séance photo… Belle mise en scène, sans doute improvisée avant l’heure.

À ce moment, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, sauf forcément à des surprises; c’était écrit dans le ciel. Tout d’abord, il est important de mentionner que tous les musiciens étaient déguisés. Pour accompagner Skieur, Doueski (sans oublier son zwizz vert) et Richard Simard, nous avions un bassiste en Jean Rambours et un drummer en Wizz le Pharmachien.

Dès le début de la représentation, on remarque plusieurs réactions dans la foule face à leur caractère, disons-le, plutôt trash. En effet, étant complètement absorbés par leur personnages, les acteurs n’ont pas froid aux yeux. Parfois par leurs actions, parfois par les expressions employées dans leur discours ou dans leurs chansons, ces artistes cherchent de toute évidence à choquer les gens. Je ne crois pas me tromper en affirmant que plusieurs spectateurs en étaient à leur première expérience. Certains étaient complètement déjantés et « trippaient ben raide », d’autres étaient plutôt consternés et d’autres n’ont eu, au contraire, aucune réaction.

Catégorisant leur art de rock punk métal pop absurde, l’absurde et le psychédélique prédominent à mon avis combinés avec de l’échange de salive, des histoires de cunnilingus, etc. Simulant un trip d’acide, ils enfilent les riffs punk rock et intègrent même des solos métal. Leur chanson Megaman a particulièrement surpris les gens en intégrant une portion hommage à Iron Maiden.

Musicalement parlant, ces gars-là sont vraiment très talentueux, sans parler de leur don spécial à divertir les gens et susciter une réponse de leur part. Les pouces en avant a également été un élément qui a vraiment fait embarquer les gens. Il s’agit d’une chanson avec un concept s’apparentant à un mélange de L’arbres est dans ses feuilles et de La danse des canards. La foule emboîte le pas et exécute leurs mouvements… Skieur termine l’œuvre en grimpant sur le piano pour faire sa petite danse et faire bouger encore plus de gens. La réponse est bonne!

Ceux qui connaissent le parcours du Skieur savent que le duck tape y tient une place très particulière. Probablement pour faire un clin d’œil à ses péripéties antérieures, il s’est donné comme mandat final d’attacher le plus de monde possible ensemble avec un ruban fluo. Encore une fois un bon coup qui a créé de l’engouement auprès des spectateurs. J’ai bien apprécié ma première expérience du Skieur.

SKIEUR FLUO :

Si je résume la soirée : que des bons groupes, de la grosse musique bien travaillée qui déménage, de très belles découvertes francophones et des fous rires pas permis, accompagnés d’une ambiance de fête. La production a vraiment su faire une soirée parfaite en jumelant ces quatre groupes. Que demander de plus? Un « encore »?

Suivez la programmation du Buckfest via Barricade Punk pour avoir l’occasion, vous aussi, de vivre une belle soirée remplie de surprises. Le festival se déroule jusqu’au 28 février et nous aurons encore droit à de belles découvertes de la scène locale. Restez alerte!

ÉCRIT PAR: MEL LECLERC

Publié le février 3, 2015, dans Événement, Festival, Punk Mélodique, Punk Rock, Rock, et marqué , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet. 1 commentaire.

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